
La baisse de la consommation de légumes surgelés et appertisés, liée à la crise économique, et la présence accrue de produits d'importation sur le marché, ont contraint les industriels français à stocker davantage sur 2009. Cette évolution s'est traduite par une baisse significative des surfaces en production en 2010. "En Bretagne, tous légumes confondus, nous enregistrons une baisse de 13 à 14% des surfaces", chiffre Serge Le Bartz, président de l'Uopli (Union des Organisations de Producteurs de Légumes destinés à l’Industrie en Bretagne).
Les parcelles non irriguées ont souffert en pois
Sur le plan technique, les fortes températures de juin et la sécheresse ont entraîné des difficultés pour certains légumes comme le pois d'industrie. Selon les secteurs, les rendements enregistrent une chute de 15 à 20%. Plus globalement sur la France, la baisse se situe à 18%. "Les parcelles non irriguées ont le plus souffert en Bretagne", note Serge Le Bartz. D'un autre côté, la pression en maladies a été moins marquée cette année et les conditions de récolte étaient excellentes.
A l'heure des comptes de fin de campagne, il manque des volumes : 8% par rapport aux prévisions, selon les statistiques de la Chambre d'agriculture de Bretagne. "La chute cumulée des rendements et des surfaces sur 2010 (8 073 ha, soit - 25%) aboutit à un tonnage récolté en Bretagne (55 210 t) en baisse de 33% par rapport à 2009, année exceptionnelle il est vrai. Une diminution supérieure à celle observée pour l’ensemble de la France (-28%)", synthétise Gwénola Floch-Penn, chargée de l’économie des productions légumières à la Chambre d’agriculture de Bretagne.
Météo plutôt favorable au haricot
En haricot vert, la campagne se termine sur cette fin de semaine, avec un peu plus de difficultés sanitaires dues au Sclerotinia. Globalement, la météo a été plutôt favorable et les résultats techniques sont au rendez-vous : le rendement récolté est supérieur au rendement prévisionnel de campagne, "mais en retrait par rapport au très bon niveau 2009 (12,90 t/ha), ce qui se cumule à la baisse de 16% des surfaces bretonnes en 2010 (8 683 ha) par rapport à 2009 (10 336 ha)".
Concernant l'épinard de printemps, les températures hautes ont joué en la défaveur des rendements. Pour l'épinard d'automne, le manque d'eau a compromis les remises en cultures. Les accidents climatiques pardonnent encore moins sur ce légume au cycle de végétation très court. En flageolets, la campagne n'est pas terminée. "Les programmes ne seront sans doute pas réalisés, là encore du fait des températures fortes en juin et de la sécheresse", note Serge Le Bartz.
"Les prix en baisse, cumulés aux aléas de campagne, ne permettront pas aux producteurs de dégager un revenu satisfaisant en 2010", déclare le président de l'Uopli. Il rappelle que les cultures de légumes industrie demandent de la technicité et doivent être revalorisées au niveau des prix. S'ajoutent des difficultés sur le plan phytosanitaire. "De nombreuses matières actives sont retirées et les différences d'autorisations sont importantes entre pays européens".
Agnès Cussonneau
Le Cenaldi demande une revalorisation des prix sur 2011
Dans un communiqué, le Cénaldi (Association d'Organisations de Producteurs au niveau français) fait part de ses revendications pour la campagne à venir, alors que les producteurs de légumes analysent déjà les opportunités qui leur sont offertes pour les emblavements de la prochaine campagne.
"Un constat s’impose : compte tenu de l’évolution des marchés des céréales, les légumes d’industrie ne seront pas négociés en 2011 sur la base des prix de 2010. De plus, le cadre environnemental plus contraignant sur les légumes et les risques agronomiques qui pèsent sur ces productions à cycle court, nécessitent d’engager une revalorisation très significative des prix dans les contrats". Le Cenaldi souhaite que l’ensemble de ces paramètres soit pris en compte par les industriels dans les prochaines négociations contractuelles. "Dans le cas contraire, ils risqueraient de ne pas assurer la couverture de leurs besoins en 2011".