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Côtes d'Armor (22)
Agriculture, Alimentation et santé / En France, on mange bon et sain
 

L’alimentation européenne est  sûre. Le constat est partagé par l’ensemble des intervenants de la 4e séance du Forum des savoirs, vendredi à Ploufragan. Ce qui ne veut sans doute pas dire « risque zéro » Magali Bocquet , chef du service de qualité à la FCD (Fédération des entreprises du commerce et de la distribution) explique que « depuis 20 ans des efforts considérables ont été réalisés  dans les industries agro alimentaires. » Elle reconnaît cependant le manque de traçabilité systématique sur tous les produits.
Même constat pour Philippe Hercouët, directeur régional adjoint de la DRAF. Il estime que la réglementation européenne assure un niveau de sécurité élevé. Soulignant notamment la qualité des produits bretons. « Les opérateurs bretons qui ont la volonté d’exporter ont des exigences sans doute plus élevées que d’autres ». Il ajoute « d’autres régions du monde n’ont pas forcément les mêmes contraintes ». Rejoint dans son analyse par Louis Orenga, directeur du Centre Interprofessionnel des viandes (CIV) qui regrette que la  communication sur l’origine des produits au sein même de l’Union européenne soit interdite. « C’est aujourd’hui le combat des filières avec VPF, VBF ou VVF, et l’indication claire de la provenance des viandes, y compris pour les produits transformés. »
Il est évident que les approches sanitaires sont différentes d’une région ou d’un continent à l’autre. Ainsi explique Gilles Salvat, directeur de l’ANSES de Ploufragan (ex AFSSA), l’approche américaine est très différente de l’approche européenne. « Aux Etats-Unis, on ne fait rien à la ferme, on préfère une décontamination des viandes à l’abattoir au chlore, une réfrigération des œufs … Alors qu’en Europe, le dispositif de prévention débute à la ferme pour limiter les entrées pathogènes à la ferme.  L’utilisation de produits chimiques pour la décontamination  est proscrite ». Résultat, l’Europe s’en tire plutôt mieux puisque les toxi-infections diminuent régulièrement, alors qu’elles ont tendance à augmenter Outre Atlantique.


Répondre aux attentes


Se posent aussi le débat entre les différents modes de production, conventionnel, label ou bio. Gilles Salvat, prend l’exemple de la filière avicole à la fois sur salmonelles et sur Campylobacter. « En 1992, une étude salmonelles avait montré que 50 % des poulets standards étaient contaminés, et moins de 5 % des label ou bio ». Les efforts considérables entrepris par l’ensemble de la filière ont permis de ramener le taux de contamination à – de 1% de contamination en standard et à une disparition totale en label et bio. Soulignant aussi qu’il est plus facile de maîtriser le risque Campylobacter dans un élevage conventionnel, et plus facile de maîtriser un risque salmonelles en bio (génétique, densité, âge). « Actuellement, sur le plan sanitaire il n’y a pas d’avantage déterminant d’une filière sur l’autre ».
Pour autant, il ne faut pas ignorer les attentes des consommateurs qui lient de plus en plus alimentation et santé. Des démarches comme Bleu-Blanc-Cœur avec l’introduction de sources végétales riches en Oméga 3 comme la graine de lin vont dans ce sens.  Reste à trouver l’équilibre pour que chacun s’y retrouve du producteur au consommateur.  Interrogé sur la valeur nutritionnelle du bio par rapport au conventionnel, Ambroise Martin, professeur en nutrition, estime que « le bénéfice est nul ». Ce qui ne veut pas dire que le consommateur ne peut pas y trouver d’autres avantages pour sa santé, ou sur un aspect gustatif.
Sur ce point Philippe Hercouët et Louis Orenga se rejoignent : « S’adapter oui, mais il faut intégrer tous les aspects, sociaux, environnementaux et économiques. Sinon on finira par tuer les différents systèmes de production et à dépendre totalement des autres pays ». Ils ne veulent surtout pas opposer le qualitatif et le quantitatif.

Pierre Dénès



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Date de l'article : semaine du N° du 15 au 21 Octobre 2010
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