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Sommaire | " LES DÉPARTEMENTALES " | 22 | Article n°11171 |
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Côtes d'Armor (22)
Conseil agricole départemental / Les crises ébranlent les productions animales
 

Ce n’est guère l’optimisme dans les rangs des responsables professionnels (FDSEA-JA, Chambres, organisations économiques, banques …) qui se penchaient en début de semaine sur la situation des productions animales. Sans sombrer dans la sinistrose, en s’appuyant sur la réalité des chiffres présentés par Georges Douguet, ingénieur, chargé d’études au CER France 22, tous les paramètres laissent présager des mois difficiles, notamment pour le secteur porcin.
Ce secteur inquiète particulièrement. Trois ans de crises ont laminé les trésoreries. Deux aspects sont mis en avant : l’envolée du prix des matières premières en 2008 et la difficulté à valoriser la production. Ces dernières semaines, de nouveaux signes de tension sur les marchés mondiaux des céréales ont relancé la spéculation. « Il ne faut pas rêver, les marchés des matières premières et des céréales vont rester tendus », pronostique Georges Douguet.
Concrètement, cela veut dire un prix de l’aliment dans une fourchette de 220 à 240 euros /tonne pour la fin de l’année. « Le coût de revient qui était de 1,22 en début 2010 de 1,37 en septembre devrait se situer à 1,45 en fin d’année ». Parallèlement, il n’y a, pour le  moment, pas de signes tangibles de redressement des cours. Rappelant que les étés, historiquement favorables, ne le sont plus. La rentabilité n’est plus au rendez-vous. « Les trésoreries et l’endettement qui commençaient à se redresser risquent de plonger de nouveau ». Il rappelle que si le niveau d’endettement moyen n’est pas catastrophique (75/76%), le quart inférieur est à plus de 90 % et 14 % à  plus de 100 %. Alors que 23 % des éleveurs ont un endettement court terme à – 900 euros par truie.


L’avenir reste incertain


Les questions se posent : Où va la production porcine ? Et tous les producteurs vont-ils  résister ? Clairement la réponse est non. « La rupture du cycle du porc, le manque de repères à tous les niveaux : prix de l’aliment, cours …, n’offrent plus de lisibilité». Dans ses prévisions, le CER estime la perte probable par truie entre septembre 2010 et juin 2011, entre 150 et 300 euros par truie. 150 euros si le marché des matières premières se détend et avec un prix moyen au MPB du niveau de 2008 et 300 euros si le coût des matières premières reste élevé et le prix du porc du même niveau que la moyenne 2010.
« Les plus fragilisés ne pourront ou ne voudront pas continuer à s’endetter », admettent les représentants des institutions bancaires. Considérant en outre que les plans d’aides des Pouvoirs publics ne sont plus adaptés à certaines situations. Il faut donc s’attendre à ce que certains éleveurs préfèrent ou soient contraints de quitter. Avec une exigence commune de tous les responsables, rappelée par Jean-Jacques Poëzévara, président de la FDSEA : « Il faut leur donner les moyens de quitter en  préservant un minimum de leur patrimoine privé et en les accompagnant pour une reconversion ».
Pas rassurant donc, d’autant que rien ne dit que pour les autres éleveurs, l’embellie sera au rendez-vous. Pour Guy Dartois, président de Cooperl Arc Atlantique, « La volatilité des prix et des coûts est incompatible avec le type de production développé à  l’Ouest ». Il dénonce les distorsions de concurrence. Et conclut, « Si l’Union européenne n’accepte pas d’affecter des crédits à  la régulation, nous sommes morts ».

Pierre Dénès


 


PHOTO : Les responsables des différentes organisations agricoles se sont penchés sur les productions animales en crise.








Lait, mieux mais pas sans inquiétudes

Le secteur laitier traîne encore des séquelles de la crise. « Les éleveurs ont serré les boulons, mais on a encore des dispersions fortes dans les coûts de production et les revenus », note Georges Douguet. Les clôtures du 3e trimestre situent les revenus par UTAF à 14 000 euros. Ils devraient se situer entre 18 000 et 20 000 euros en fin d’année. « À relativiser car ils intègrent aussi les prix des céréales ». Il note que les trésoreries sont un peu plus dégradées. « Les éleveurs ont emprunté plus qu’ils n’ont investi : 19 600 euros d’investissement pour 25000 euros d’emprunts». Les inquiétudes se portent sur les écarts de coûts de production, voire sur l’incapacité de certains producteurs à  produire et à réagir aux possibilités de volumes supplémentaires.



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Date de l'article : semaine du N° du 15 au 21 Octobre 2010
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