
Dimanche 3 octobre, ce sont près de 5 000 personnes qui ont visité des exploitations d'Ille-et-Vilaine, diversifiées en production : agneaux des prés salés, céréales, légumes, lait, viande bovine, horticulture… Particularité cette année, une entreprise de collecte et stockage de céréales avait également ouvert ses portes (Etablissements Moisdon à Messac).
Problématiques horticoles
Outre la communication vers les citoyens, "ces rencontres sont aussi un moyen pour nous de faire passer des messages aux élus sur le terrain", souligne Christian Mochet, administrateur FDSEA responsable de l'événement. Cette année, la visite officielle, en présence du Préfet Michel Cadot, se tenait pour la première fois sur une exploitation horticole : celle de Joseph et Patrice Merel, à Saint-Grégoire. Ce sont donc les problématiques liées à ce secteur de production qui ont d'abord été mises en avant par les syndicalistes. En Ille-et-Vilaine, l'horticulture ornementale compte 67 entreprises qui emploient 290 personnes sur 207 ha.
"Au niveau de la FNPHP (Fédération nationale des producteurs de végétaux d'ornement), nous menons des actions concernant les Fonds d'allègement des charges, des aides au redressement des exploitations en difficulté, l'accélération du remboursement de TVA… Nous étudions le cautionnement collectif. Sur le plan structurel, nous travaillons sur les possibilités d'allègement des coûts de main d'œuvre, le maintien des contrats saisonniers, le soutien à la consommation des végétaux d'ornement…", a détaillé Patrick Lamy, président départemental et régional de la FNPHP.
A quand l'appui de la cogénération ?
Plus importantes en production de tomates, les difficultés liées à l'énergie ont aussi été rappelées par Christophe Rousse, président de Solarenn. "Le chauffage représente 30% de nos charges. Très développée en Hollande, Belgique et dans les pays scandinaves, la cogénération pourrait être une solution intéressante si la période de rachat d'électricité était allongée. Actuellement environ 8 ha de serres en sont équipés sur les 450 ha que comprend la Bretagne. Les serristes pourraient fournir à la région 120 MW électriques dans les trois ans".
Le Préfet a souligné que le thème de l'énergie pourrait être intégré au contrat de projet Etat-Région. Il figurera également dans le pacte électrique breton et le Paar (Projet agricole et agro-alimentaire régional). "Des marges de manœuvre existent aussi au niveau du foncier, de l'emploi-formation et de l'environnement, dans le cadre du Paar en cours d'élaboration", a-t-il ajouté.
"Au travers de ces Rencontres à la ferme, nous avons la volonté de montrer que l'agriculture est multiple et qu'elle génère de nombreux emplois", a conclu Benoît Champalaune, le président des JA 35. Cet événement est soutenu par plusieurs partenaires (Chambre d'agriculture 35, Crédit agricole et Groupama). L'an prochain, la formule devrait évoluer dans la forme et sur le fond. Surprise.
Agnès Cussonneau
Photo : La visite officielle, en présence du Préfet Michel Cadot, se tenait pour la première fois sur une exploitation horticole : celle de Joseph et Patrice Merel, à Saint-Grégoire.
La filière céréalière au coeur du centre Alma
En amont des Rencontres à la ferme, depuis plusieurs années, les agriculteurs organisent une animation au centre commercial Alma de Rennes. Cette année, les céréales étaient à l'honneur sur le stand, tenu par une vingtaine d'agriculteurs du 29 septembre au 2 octobre. La filière céréalière est un secteur de taille dans le paysage agricole et agroalimentaire français. Pesant 50 milliards d'euros de chiffre d'affaires, elle compte 600 entreprises de 1ère transformation et 35 000 entreprises de 2ème transformation et emploie 520 000 personnes.
"Nous avons distingué trois pôles : l'alimentation animale (illustrée par la présence de petits cochons), l'alimentation humaine et les nouvelles utilisations", précise Jean-Yves Tessier, responsable céréales à la FDSEA 35. Des graines et des cultures de blé - réalisées par le CAT de Saint-Symphorien - s'affichaient sur le stand. Une vitrine comprenant des mouchoirs, des sacs, des cotons-tiges, des couverts, des verres, un rasoir… sensibilisait les visiteurs aux applications nouvelles des céréales. Parmi les thèmes souvent abordés par les visiteurs : les biocarburants et les OGM…
Joseph et Patrice Merel, à Saint-Grégoire - Du légume à l'horticulture
En plus des deux chefs d'exploitation, l'entreprise fait travailler 12 salariés permanents et 25-26 personnes en pleine saison.
Basée à Saint-Grégoire, l'entreprise de production horticole Merel, a été créée par Joseph Merel en 1966, alors axée sur la production légumière. La reconversion en cultures ornementales s'est étalée de 1975 à 1985. Aujourd'hui, l'entreprise s'appuie sur une surface de 8 ha dont 6 ha en production. 4 ha sont sous serres verre équipées d'un recyclage des eaux.
Avec une production annuelle de 200 000 chrysanthèmes, Joseph et Patrice Merel s'affichent parmi les plus importants producteurs français sur cette plante. En automne, s'ajoutent les productions de cyclamens, pensées, viola cornuta, plantes légumières… Au printemps, deuxième moment fort de commercialisation, les producteurs proposent notamment des géraniums, plantes à massifs, et aussi beaucoup de plants de légumes pour les particuliers.
Développer la vente directe
Leur marché est constitué des libres-services agricoles, des jardineries, des GMS, surtout sur le Grand Ouest de la France. Représentant 7% du chiffre d'affaires actuellement, la vente directe sur l'exploitation leur permet une meilleure valorisation des produits. "Nous souhaiterions développer ce créneau à 20 – 30% du CA", indique Patrice Merel.
Sur le plan technique, des investissements constants ont permis d'améliorer les performances : robot de repiquage, mise en production mécanisée des cultures, rampes d'arrosage… "Dans certaines serres, les tuyaux de chauffage ont été placés au plus près des cultures permettant un gain énergétique", précise le producteur qui par ailleurs réfléchit à un projet de cogénération avec du bois (déchets).