
Les résultats de performance de reproduction, recueillis en élevage, sont désormais significatifs. Les systèmes se valent. En troupeaux (DAC) ou en petits groupes, les truies expriment leur potentiel, aussi bien qu'en système de gestantes bloquées. « Les 10% les meilleurs (élevages) en groupe obtiennent les mêmes résultats que les 10% les meilleurs en gestante bloquée », assure Valérie Courboulay, de l'Ifip, intervenante à la journée technique organisée, mardi dernier, à Crecom. Les variations observées tiennent plus à la conduite alimentaire, à l'homogénéité des lots ou au moment de la mise en groupe.
Moins de bandes
Beaucoup d'éleveurs ont choisi de diminuer le nombre de bandes pour pouvoir faire des lots de truies plus homogènes. « Un bon allottement est une condition de la réussite. Il faut viser 4 groupes de truies, pour que l'hétérogénéité ne pénalise pas les résultats », indique Catherine Calvar, de la Chambre d'agriculture. Les petits élevages ont souvent opté pour la conduite en 4 ou 5 bandes au lieu des 7 bandes habituelles. La quart des élevages a modifié le plan d'alimentation, lors du passage en groupe. La courbe en U se généralise. « Il n'y a pas d'aliment spécifique aux truies en groupe, même sur paille ».
A 28 jours, en majorité
La majorité des élevages bloquent les truies jusqu'à 28 jours après le sevrage. La remise en état des animaux est facilitée en adoptant un plan d'alimentation individualisé lors de cette période. Le logement en stalle individuelle permet de réutiliser, en partie, le bâtiment et l'équipement existants. « En terme de résultats, il n'y a pas de différence marquée entre les élevages qui élèvent en groupe dès le sevrage et ceux qui attendent 28 jours », poursuit Valérie Courboulay. « En théorie, les périodes d'œstrus et d'implantation embryonnaire (entre 12 et 18 jours) semblent déconseillées. Pourtant, certains éleveurs qui mélangent dès le sevrage ou après l'insémination obtiennent de très bons résultats. Ils ont peut-être plus de technicité ». Dans tous les cas, le nombre d'avortements ne dépasse pas le seuil critique de 1,5%. La taux de réforme n'est pas supérieur au système bloqué. « Les problèmes d'aplombs sont globalement moins nombreux sur paille que sur caillebotis ». L'humidité du sol est, dans ce cas, en cause.
A la station expérimentale de Crecom (22), le comportement des truies sur paille et sur caillebotis ont été analysés, au Dac ou en réfectoire courette. La paille des litières permet de moduler le comportement des truies, atténuant ainsi les effets de la frustration alimentaire liée au rationnement. Sur caillebotis, des chaînes ou autres éléments permettent de les détourner des tubulaires ou des auges qu'elles machonnent en permanence. La paille semble atténuer le stress social, nutritionnel et thermique, provoqué par la mise en groupe. Les résultats de performance de reproduction ne sont pourtant pas supérieurs. La décision d'élever les gestantes sur paille dépend donc d'autres facteurs tels que la production de céréales sur l'exploitation, l'équipement nécessaire ou la charge de travail induite.
Bernard Laurent
Photo : Les éleveurs ayant adopté la conduite en groupe ont choisi les bat-flanc à 45%, le réfectoire à 35% et le Dac a 20%.