Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
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Ille et Vilaine (35)
Bassin versant du Meu / Plus de 220 signataires de la MAE
 

Sur le bassin versant du Meu, les agriculteurs se sont mobilisés dans la MAE (Mesure agro environnementale) territoriale visant la réduction des produits phytosanitaires. "Au total, 227 contrats ont été signés, représentant une surface de 11 548 ha, soit plus de 20% de la surface concernée par le bassin versant", a souligné René Collin, le président de la Commission professionnelle agricole du BV, à l'occasion d'une conférence sur le plan Ecophyto au Space.
Dans un premier temps, des essais de désherbage mécanique ont été menés chez des agriculteurs, coordonnés par la Chambre d'agriculture d'Ille-et-Vilaine. Les Cuma et les ETA se sont également engagées dans cette action de terrain. Outre les contrats signés, c'est aussi un grand nombre d'agriculteurs du bassin (40%) qui ont été sensibilisés à la démarche via des visites réalisées par les techniciens de la Chambre et du syndicat de BV.


Optimiser la marge brute


A l'échelle de l'exploitation, "dans le cadre de la MAE, nous nous sommes concentrés sur la réduction des herbicides dans un premier temps, sans changer de stratégie en fongicides et insecticides. Nous avions l'objectif d'optimiser la marge brute, tout en conservant le potentiel de rendement", note René Collin, en Gaec à quatre associés (95 VL, 850 m2 de canards de chair, 145 ha de SAU). Une des conséquence a été l'allongement des rotations sur certaines parcelles. Les producteurs se sont par ailleurs équipés d'une houe rotative (via la Cuma) ainsi que d'une désherbineuse (avec une autre Cuma voisine).
"Cette année, nous avons réalisé le désherbage mécanique du blé avec le passage d'une houe rotative en mars. Cela a bien marché", s'enthousiasme le producteur. L'exploitation pourrait participer à un réseau de fermes de référence du plan Ecophyto.


Des actions sur les zones non agricoles


En matière phytosanitaire, les agriculteurs ne sont pas les seuls concernés, les communes, les particuliers, les professionnels des espaces verts et les gestionnaires des voies de transports (routes, voies ferrées, voies navigables…) aussi doivent améliorer leurs pratiques. Sous le nom EcophytoZNA (zones non agricoles), des actions sont menées dans ce sens : qualification des applicateurs, diffusion de méthodes alternatives, stratégies globales d'aménagement des territoires.
"Les ZNA emploient moins de 10% du tonnage de substances actives commercialisées chaque année en France, mais leur contribution à la contamination des eaux est significative, liée au ruissellement. Elle concerne surtout des herbicides utilisés sur des surfaces peu perméables", explique Marcel Guiho, de la Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (Dreal).

Agnès Cussonneau

* La CORPEP est une commission pluridisciplinaire créée par la Préfecture de Bretagne en 1990. Elle est chargée d’acquérir des connaissances et des moyens de lutte contre la pollution de l’eau par les produits phytos.


Photo : "La MAE concerne plus de 20% de la surface du bassin versant du Meu", a souligné René Collin, le président de la Commission professionnelle agricole du BV.

 







Les communes avancent aussi

Pour certaines communes, la réduction des phytos n'est pas une nouveauté. "Les actions ont débuté il y une quinzaine d'années. Des outils ont été élaborés dans le cadre de la Corpep* pour appuyer ces initiatives : le Plan de désherbage communal (méthode de classement des espaces communaux en fonction du risque de transfert) et la Charte d'entretien des espaces communaux (qui peut aller jusqu'au "zéro phyto").
Sur les 1 268 communes du territoire breton, 795 ont mis en place un plan de désherbage et 609 ont une Charte de désherbage. "La démarche propose dans un premier temps aux habitants d'accepter les plantes spontanées, d'éviter leur pousse grâce à des paillages, des plantes couvre-sol et de l'aménagement des espaces. Par exemple, le passage de la balayeuse doit être possible pour éviter le développement des mauvaises herbes", précise Gérard Angoujard, de la Feredec Bretagne. Dans un deuxième temps seulement, intervient l'éradication via des techniques alternatives curatives (eau chaude, thermique…) et du désherbage chimique.



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Date de l'article : semaine du N° du 1 au 7 Octobre 2010
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