
Face à « la FNSEA qui garde porte close », la Confédération Paysanne multiplie les actions pour que s’ouvre l’interprofession laitière aux syndicats minoritaires.
Mardi, Vincent Pennober, président de l’UDSEA sur tous les fronts depuis quelques semaines, était à Quimper avec une quinzaine d’agriculteurs pour que « soit enfin reconnue la pluralité syndicale ». Et d’ajouter : « Nous voulons participer aux discussions interprofessionnelles. Nous ne cherchons pas imposer nos idées mais simplement être représentés ; sans réclamer de vote à l’unanimité, mais à la majorité ».
Plus de 400 euros par exploitation
L’infatigable défenseur d’une interprofession plurielle relève que la CVO (Cotisation volontaire obligatoire) n’a pas de couleur syndicale. « Tous les producteurs payent : 1,66 euro/1 000 litres sont prélevés par les laiteries ; soit 415 euros par an pour une exploitation moyenne de 250 000 litres. Pourquoi certains seraient exclus des décisions ».
Avec une lecture très politique sur cette question de l’interprofession, le leader syndical fait remarquer que la pluralité syndicale inscrite dans le projet de la LMA (loi de modernisation de l’agriculture) a été retirée après les élections régionales. « Il y a eu une cassure. Le ministre de l’Agriculture a été obligé de manger son chapeau », commente-t-il.
Le syndicaliste finistérien s’interroge également sur le fonctionnement de la FNPL, unique syndicat représentant les producteurs au niveau de l’interprofession. « Quand on observe les comptes, on s’aperçoit que la FNPL donne 400 000 € à la FNSEA. Pour qui, pourquoi ? Les CVO doivent financer des missions d’intérêt commun pas un syndicat ». Et de poursuivre: « En 2006, la Cour des comptes relevait que le Cniel (centre national interprofessionnel de l’économie laitière) attribue une indemnité forfaitaire de 296 000 euros à chaque fédération adhérente et le considère comme une subvention déguisée ».
Bref, le combat mené par le syndicat semble encore monter d’un cran. La Confédération paysanne est aujourd’hui décidée à faire feu de tout bois pour avoir sa chaise autour de la table de négociation du prix du lait. À deux ans des élections Chambre d’agriculture, des discussions auraient même commencé pour constituer une liste commune UDSEA, Coordination, Apli. « Nous sommes déjà tombés d’accord sur la personne susceptible de conduire cette liste commune », confie un syndicaliste finistérien. Moyen d’augmenter la pression ou réel plan sur la comète ? Affaire à suivre…
(Lire aussi page 5).
D. Le Du
Photo : Mardi, une délégation de la Confédération Paysanne manifestait face à la DDTM (ex-DDA) pour réclamer la pluralité syndicale dans l’interprofession laitière.