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Sommaire | " LES DÉPARTEMENTALES " | 29 | Article n°11126 |
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Finistère (29)
Du minéral liquide dans l’eau de boisson / Une couverture des besoins dès le début de lactation
 

Les premières semaines après vêlage, la consommation de la vache haute productrice n’est pas suffisante pour couvrir les besoins énergétiques et protéiniques nécessaires à la production laitière. Cette capacité d’ingestion limitée a également des effets sur la couverture des besoins minéraux et vitaminiques de l’animal. D’où l’idée de Pascal Le Floc’h, ingénieur chez Tecnofirm, de mettre au point un minéral soluble ionisé dans l’eau de boisson.


La consommation d’eau suit la production


«Les Danois ont montré que la consommation d’eau suit la courbe de la production laitière dès les premiers jours de lactation. Dès lors, il est possible de couvrir les besoins minéraux et vitaminiques en enrichissant l’eau au moyen d’une pompe doseuse. La couverture sera proportionnelle aux besoins», explique P. Le Floc’h. Et d’ajouter que « cette technique haut de gamme, environ 10 % plus coûteuse par rapport à un minéral classique ne l’est plus quand on calcule en retour sur investissement. D’une part, parce que les calculs initiaux ont été réalisés sur une moyenne de 80 litres d’eau par jour alors qu’une vache en consomme en moyenne 60 litres. D’autre part, parce le phosphore est assimilable à quasi 100 % ; l’adsorption des oligoéléments est également améliorée par rapport à un produit classique ».
Mais c’est surtout sur les résultats d’élevage qu’insiste Pascal Le Floc’h. « Nous avons mené une enquête en élevage. La constitution de 3 groupes, triés en fonction des résultats de fertilité, nous a montré que minéral et fécondité sont étroitement liés ».
Dans la pratique, la consommation minérale individuelle est souvent très éloignée des recommandations classiques de 250 à 300 grammes par jour. « Nous observons entre autres que la fertilité baisse quand la quantité de phosphore distribuée est insuffisante », poursuit-il.
Quant au calcium, il n’est pas intégré dans la formule. « Cela ferait de trop fort volumes. Nous conseillons aux éleveurs de distribuer le calcium, par exemple, sous forme de lithothamne, une matière première qui correspond bien aux besoins des vaches ». En parallèle, l’apport de sel sous forme de bloc permet à la vache de s’autoréguler selon ses besoins.

Didier Le Du


 


Photo : En intégrant les minéraux et les vitamines dans l’eau de boisson, l’éleveur s’assure une meilleure couverture des besoins (la légère mousse est due aux vitamines).

 






Gaec Kervos, Mûr-de-Bretagne (22)


« Une simplicité de mise en œuvre »


Depuis deux ans et demi, le Gaec de Kervos a adopté le minéral liquide pour la centaine de laitières du troupeau. « Premier avantage : la simplicité », note Yannick Videlo, le responsable de l’élevage. « Il suffit de régler les pompes doseuses pour ajuster la distribution minérale et vitaminique. Par rapport au mélange des minéraux dans la ration, il y a moins de gaspillage ».
Sur cette exploitation, la consommation d’eau mesurée est en moyenne de 65-70 litres d’eau par jour pour une production de 9 600 kg de lait. Les 8 éléments que contient la solution minérale sont intégrés à raison de 1 ml/litre d’eau. Une pompe doseuse distribue des vitamines. « 0,5 ml/litre d’eau de boisson en ration hivernale et 0,25 ml lorsqu’elles sont à l’herbe », cite l’éleveur. Une troisième pompe doseuse permet de rectifier l’acidité de l’eau pompée dans le forage.
Yannick Videlo observe qu’une vache fraîchement vêlée, même un peu fiévreuse ira boire de l’eau, alors qu’elle sera moins empressée pour aller à l’auge. « Elle consomme donc une bonne dose de minéraux et de vitamines ». D’où vraisemblablement une plus grande rapidité à reprendre le dessus.
Sur cet élevage, depuis la mise en œuvre de ce nouveau mode de distribution, les résultats de fertilité se sont améliorés. Même si cette progression est sans doute à mettre au crédit de nombreux paramètres, l’apport régulier et constant semble avoir donné des résultats probants. « La première année nous avons gagné 7 points en 1ère IA, puis 4 points la seconde », chiffre l’éleveur avec une très grande prudence tout en mentionnant les bons résultats enregistrés en hiver. Un point à mettre en parallèle avec l’amélioration générale de l’état de santé du troupeau alimenté en ration semi-complète.


 







Gaec des Trois clochers, Silfiac (56)


« Des chaleurs plus nettes »


Stéphane Le Beller en est convaincu : la consommation de complémentaire minéral et vitaminique agit directement sur la fécondité du troupeau. « Au printemps, les vaches buvaient l’eau en pâture. Pas supplémentée donc. Résultat, je voyais moins bien mes vaches en chaleur ».
Avant l’installation de pompes doseuses, S. Le Beller a commencé par distribuer le minéral liquide à l’arrosoir.
« Avant, le troupeau rencontrait de sérieux problèmes de fécondité. Très vite, j’ai mieux vu les chaleurs. Elles étaient tout de suite plus franches ».
Aujourd’hui, ce sont 2 pompes doseuses (coût : 2 000 euros) qui assurent la distribution minérale et vitaminique. La 3e est réservée pour les supplémentations diverses :
« Par exemple, de la vitamine C en hiver pour prévenir la grippe et les autres pathologies hivernales (cure de vitamine C de 5 jours suivie d’une distribution hebdomadaire de septembre à mars) ».
« La consommation d’eau est de 80 litres par vache (10 400 kg/VL), soit 80 ml de solution minérale absorbée quotidiennement équivalant à 100 g de semoulette. En plus, elles reçoivent 120 g de lithothamne », détaille l’éleveur. « J’ai poussé en zinc et en magnésium pour une meilleure délivrance », précise S. Le Beller qui ajoute : « Pour les vitamines, je divise la dose par deux au printemps : 0,5 ml/l en hiver ; 0,25 ml/l à l’herbe ».
Malgré des métrites récurrentes sur une partie des vaches, la réussite en 1ère IA est passée de 35 % (exercice 2009/2010) à 56 % sur les six derniers mois. « Il y a moins de chaleurs silencieuses », indique l’éleveur qui note que les vêlages ont été moins longs. « Elles ont mieux délivré et les veaux sont plus vigoureux».
L’éleveur dit observer « un meilleur état général du troupeau. Les vaches ont meilleur appétit après vêlage. Elles ont également un plus beau poil ». Et d’indiquer que les vaches sont taries 5 semaines selon un protocole alimentaire bien respecté
(5 kg maïs + foin + aliment spécial tarie enrichi en sélénium + minéral Baca négatif (balance anions cations alimentaires).
Bref, aux dires de l’éleveur, c’est l’état de santé général qui s’est amélioré. « Il y a également un impact sur les mammites même si cela coïncide avec le passage en logettes », précise-t-il.



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Date de l'article : semaine du N° du 1 au 7 Octobre 2010
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