
Dans l’immédiat c’est la satisfaction du respect d’un accord obtenu depuis plus d’un an estimant « avoir réussi à conserver dans le « portefeuille » des éleveurs près de 20 euros/ 1000 litres en faisant appliquer l’évolution du prix telle qu’elle était prévue au troisième trimestre et obtenu cette même évolution de +31 euros sur le prix du lait payé à l’éleveur au quatrième trimestre 2010 ». La visibilité est de fait donnée aux producteurs sur les derniers mois de 2010.
Mais ils reconnaissent que pour l’an prochain une négociation sur la base d’indicateurs affinés est à poursuivre. « A partir de 2011, la notion de compétitivité avec l’Allemagne va être prise en compte avec l’application d’un tunnel de comparaison +/- 10 euros au mois le mois et d’un tunnel de +/- 8 euros lissé annuellement (12 mois) ».
Ils notent que « le prix du lait allemand, en moyenne sur les quatre dernières années, a été comparable au prix français ». Mais il est beaucoup plus réactif puisqu’il n’y a pas de lissage (effet de la saisonnalité des livraisons). « Ce système de comparaison entre les deux prix peut donc constituer une avancée ».
Critères et volumes
Cependant les modalités d’application restent à mettre en œuvre. « D’abord savoir de quel prix du lait on parle, en France comme en Allemagne et de quelles distorsions de concurrence, fiscales, sociales, environnementales...on tient compte ». Ainsi sur le plan du paiement de la qualité, les seuils de pénalisation de prix sont différents. « Leur prix de base est calé sur 400 000 cellules, 100 000 germes, pas de lipolyse et de butyriques... Alors qu’en France le système a instauré des pénalités à partir de 50.000 germes et 250.000 cellules. Soit un différentiel de prix de 5-6 euros /1 000 litres ». Il y a donc du pain sur la planche pour tendre vers l’harmonisation, y compris sur le plan fiscal. « La TVA est nettement plus avantageuse de l’autre côté du Rhin, un avantage chiffré à 12 ou 13 euros /1 000 litres ».
Par ailleurs le développement par les volumes est nettement plus dynamique en Allemagne et tant que le quota national n'est pas atteint, un producteur peut produire au-delà de sa référence sans pénalité. L’accord du prix du lait ne règle donc pas tous les problèmes de la filière. Les responsables de la FDSEA/ Jeunes Agriculteurs en sont conscients.
Photo : La comparaison entre le lait français et le lait allemand n’est pas simple.