
La hausse du prix de l'aliment complique à nouveau la situation des éleveurs de lapins. Depuis juillet 2010, l'aliment a augmenté de 35 euros/tonne, compte tenu de l'évolution du coût des matières premières. "La hausse devrait se poursuivre, de l'ordre de 15 à 25 euros/t, avec les prix actuels des céréales et des autres composants de l'aliment lapin : tourteaux, pulpe de betterave, luzerne et son", souligne Gaël Le Houédec, (Sanders).
Cette hausse brutale s'est déroulée sur 4 mois. Globalement, une hausse du prix de l'aliment de 50 euros/t. représente une augmentation du prix de revient du lapin de 20 ct par kg vif . "La Fenalap a sensibilisé l'ensemble de la filière à la nécessité d'une hausse rapide des prix de vente à la production, en recherchant l'unité entre groupements", déclare Eric Guillermic de Celtalliance. "Les négociations avec les abattoirs portent sur une hausse de 20 ct/kg vif".
La situation actuelle est angoissante pour toute la filière, de l'éleveur à l'abattoir. En effet, la trésorerie des producteurs est très tendue, compte tenu des crises précédentes. "Des éleveurs bons techniquement peuvent être amenés à cesser leur activité, s'il n'y a pas une revalorisation des prix, d'autant plus que les critères bancaires se sont durcis", poursuit Eric Guillermic.
Des atouts, des marges de progrès
La filière du Grand Ouest a des atouts. Le parc est performant, les éleveurs ont un savoir-faire reconnu. "Depuis quelques années, les efforts du maillon production ont porté sur l'engraissement qui est aujourd'hui bien maîtrisé", explique Gaël Le Houédec. "Dans un second temps, nous devons axer notre travail sur la productivité en maternité, pour augmenter le tonnage de viande vendu".
"Un lapereau né vivant en plus, c'est 15 % de productivité supplémentaire", déclare Pierre-Arnaud Wacquez, (Celtalliance). En plus du travail sur les souches, les efforts porteront sur l'amélioration de la conduite d'élevage et de l'alimentation. L'amélioration technique concerne tous les éleveurs, notamment ceux qui ont encore des marges de progrès car ils ne profiteraient pas de la hausse du marché, quand celui-ci deviendra plus favorable.
Patrick Bégos
Photo : De gauche à droite : Pierre-Arnaud Wacquez (Celtalliance), Gaël Le Houédec (Sanders), Eric Guillermic (Celtalliance-Syprolap).