
Le Syndicat national des accouveurs (SNA) a annoncé, dans un communiqué de presse du 21 septembre, que les accouveurs « n’ont pas d’autre choix que de répercuter intégralement et sans attendre » les hausses du prix de l’aliment, liées à l’envolée des cours des céréales. Effectivement, « l’aliment destiné aux reproducteurs constitue le poste le plus important du coût de production, des poussins, et ce, quel que soit le type de production ». Selon le SNA, « le secteur de l’accouvage ne peut se permettre d’absorber une nouvelle hausse de ses coûts de production, sous peine de remettre en cause la pérennité de nombre d’entreprises d’accouvage déjà fragilisées par plusieurs crises successives ».
Le SNA « en appelle à la compréhension de ses partenaires des filières avicoles tout en étant solidaire avec eux pour que l’impact des augmentations du coût des matières premières aux différents maillons des filières avicoles soit intégralement répercuté, à l’euro près (ni plus, ni moins) au niveau de la distribution et du consommateur. »
Une hausse de 1€ sur le prix d’achat du consommateur,
De leur côté, quelques jours avant les accouveurs, et après les déclaration du directeur général de Doux pour une augmentation des prix, dans une lettre ouverte aux clients de la filière volaille datée du 16 septembre, les interprofessions de la dinde, du poulet et du canard annoncent que les hausses des cours de céréales « ne devraient pas impacter le budget du consommateur moyen de plus de 1 € par mois ». Ce calcul a été effectué sur la base d’une consommation de 25 kg de volaille /hab/an en raison d’une hausse moyenne de 18 à 24% du prix de revient vif des volailles.
Les interprofessions demandent « de prendre en compte sans tarder cette nouvelle donne conjoncturelle en raison des cycles de production relativement courts de la plupart des espèces et précise qu’il ne peut être question pour aucun des maillons de la filière « d’absorber seul tout ou partie de ces hausses de coûts ». Elles en appellent à la distribution qui doit « être partie prenante dans la maîtrise de l’impact de ce renchérissement. « En effet, les professionnels restent inquiets face à l’atteinte au pouvoir d’achat des consommateurs que cette hausse pourrait entraîner. Et ce, d’autant que les « réajustements» de prix de vente « risquent de se succéder au fil des prochaines semaines… Aussi, ils souhaitent que la répercussion de ces hausses se fasse de façon proportionnée, sans marges excessives sur les produits de volaille de la part des différents intervenants, y compris des distributeurs. »
Photo : L’interprofession appelle la distribution à « être partie prenante dans la maîtrise de l’impact de ce renchérissement » des coûts de porduction.
Bruno Le Maire appelle à une hausse des prix
Bruno Le Maire a lancé, mardi 28 septembre, à l’Assemblée Nationale, un « appel solennel à l’ensemble des acteurs de la filière, industriels privés, coopératives, grande distribution pour qu’ils fassent en sorte que la rémunération des producteurs » de bœuf et de porc « s’améliore dans les semaines à venir ». Interrogé sur la situation de l’agriculture en France, le ministre a jugé qu’il n’était pas « acceptable que le kilo de viande augmente pour la ménagère pendant que la rémunération des producteurs ne cesse de baisser ». Plus tard, en présentant le programme national pour l’alimentation, le ministre a été encore plus explicite : « Je demande à tous les acteurs de la filière de faire en sorte que les prix remontent à la production. » Cependant, d’une manière générale, « la ferme France est dans la bonne direction, elle s’en sort », a-t-il estimé avant d’ajouter : « dans toutes les filières la situation s’améliore », en citant le lait, les fruits et légumes, la viticulture ou encore les grandes cultures. Une seule filière « souffre aujourd’hui terriblement de l’envolée des cours des céréales, c’est l’élevage », a-t-il déclaré.