
Dans ses linéaires, la grande distribution associe maintenant à parts égales le filet et le magret de canard", explique Philippe Guillet, président du Cicar (Comité interprofessionnel du canard à rôtir). "Et depuis le début 2010, le filet de canard a vu ses achats grimper de 19 %, avec des prix de vente proches de ceux du magret".
25 % est exporté
L'exportation est une composante importante de l'équilibre du marché, en particulier pour le filet. En effet, près de 25 % de la production est exportée, avec pour principale destination l'Union européenne, dont l'Allemagne qui absorbe 14 000 t de découpes et de canard entiers, soit 36 % des quantités vendues en dehors des frontières
En parallèle des actions menées auprès des GMS françaises, la communication du Cicar a surtout porté sur les marchés des pays nordiques. "Il faut faire en sorte que la consommation de découpes de canard se désaisonnalise dans ces pays", souligne Philippe Guillet. "Le canard de barbarie se positionne comme une spécialité française qui peut être déclinée toute l'année".
"Le consommateur du nord de l'Europe a une plus forte sensibilité au bien-être animal, d'où notre initiative de valider l'élevage du canard de barbarie sur caillebotis, dans le cahier des charges de la distribution allemande", poursuit le président. Il s'agit de bien faire comprendre, face à la concurrence du canard Pékin, élevé sur paille et de l'oie polonaise, que le système d'élevage propre au canard de barbarie est lié à ses caractéristiques physiologiques.
Améliorer les rejets
Les responsables de la filière veulent consolider le maillon production. "Sous l'angle environnemental, nous allons poursuivre l'amélioration du traitement des rejets d'élevage, d'autant qu'il faut prendre en compte les contraintes de phosphore et d'émissions de gaz d'ammoniac, lors des opérations d'épandage".
Le renouvellement du parc de bâtiment est un autre sujet de préoccupation, capital pour la pérennité de la filière. Or, ce parc est très spécifique au canard de barbarie, compte tenu des caillebotis. "Il s'agit de l'optimiser par des mises en place régulières et rémunératrices", estime Philippe Guillet. "Notamment, chez les jeunes récemment installés et en phase de remboursement."
Patrick Bégos
Photo : Philippe Guillet, président du CICAR
Barbarie ou Pékin ?
La France produit surtout du canard de Barbarie, une souche importée d'Amérique Centrale dans les années 70. Les mâles sont abattus à 12 semaines pour un poids vif de 4,5 à 5 kg (3 kg de carcasse) et découpés. L'élevage se fait sur caillebotis et la viande est goûtée. Le canard Pékin (plumes blanches) est élevé en Asie et dans les pays nordiques dont l'Allemagne (sur paille). La souche asiatique a été améliorée génétiquement en Europe.