
Nous ne sommes pas encore prêts pour l'affichage environnemental des produits alimentaires qui doit débuter, en expérimentation, début juillet 2011 », précise Sylvie Quéré, responsable du suivi environnement Industriel, de la Cooperl. Le secteur de l'alimentation, contrairement à d'autres secteurs (habillement par exemple) est complexe (différences entres filières animales, plats préparés, ingrédients variés...). « Nous contestons le choix actuel de l'unité fonctionnelle ( le kg ou le litre qui sont des unités de mesure ), alors que l’unité doit se rapprocher de la fonction alimentaire, comme l’apport nutritionnel d’une portion journalière recommandée, par exemple. Un litre d'huile n'a pas la même fonction alimentaire qu'un kilo de viande ». Les indicateurs retenus dans l'affichage ne sont pas suffisamment clairs et compréhensibles pour le consommateur, selon Sylvie Quéré (émissions de CO2, éco-toxicité, biodiversité...). Avec le risque de désorienter encore un peu plus un consommateur, déjà troublé par la multitude des appellations ou labels de qualité. « Pour le porc, les sous-produits (graisses, os...), qui constituent environ 50% du poids vif de l'animal et qui sont valorisés dans d'autres secteurs industriels, doivent être pris en compte car ils prennent une part de l'impact carbone des parties nobles vendues au consommateur ». Tous ces points sont encore en discussion. « Il ne faudrait pas que la démarche globale, que nous ne contestons pas, stigmatise telle ou telle production, voire l’alimentation en général. Nous regrettons son caractère obligatoire en France, alors qu'elle s'inscrit sur une base volontariste dans les autres pays de l'Union européenne ». Les empreintes affichées seront contrôlées. Qu'en sera-t-il des produits importés?
Bernard Laurent
Photo : L'affichage de l'empreinte environnementale sur les produits finis est prévu pour 2011
Biocarburant à base de graisses
Les embranchements ferroviaires, près des 3 usines d'aliment de la Cooperl, permettent l'acheminement de 615 trains chaque année, soit la consommation de carburant économisée de 120 camions par jours ouvrés. L'utilisation d’un biocarburant, à base de graisses de l'industrie agroalimentaire, permet de remplacer l’énergie fossile (gaz ). « Cela représente une réduction des gaz à effet de serre de 41 200 tonnes équivalent carbone, soit 72 000 aller-retour Paris-New-York en avion ». Les emballages font aussi l'objet de nouvelles attentions, l'épaisseur des films notamment. Les process industriels utiliseront, de plus en plus, des équipements économes en énergie.