
Du lâcher de porcelets au blocage de camions étrangers, les actions menées par les éleveurs se diversifient. Faire apposer systématiquement l'origine de la viande sur les produits transformés pour mettre en valeur l'élevage national est le dénominateur commun des revendications. Car pour les éleveurs de porcs, le logo VPF apparaît comme la seule arme pour faire reconnaître leur travail à sa juste valeur. « Il faut informer les consommateurs et leur permettre de choisir en toute connaissance de cause », insiste Olivier Billon, responsable de la section porcs des JA du Finistère. « Début août, nous étions à l‘équilibre. Depuis, la situation ne cesse de s’empirer, avec un prix de la viande qui baisse et un coût de l’aliment qui augmente. On arrive à un déficit de 35 euros / porcs », chiffre le responsable syndical.
Pour la troisième semaine consécutive, des producteurs de porcs ont investi les rayons boucherie et charcuterie des trois principales grandes surfaces de l’agglomération morlaisienne le 24 septembre, à l’appel de la FDSEA et des JA.
Rayons vidés et stickés
Ils y mènent des opérations de stickage et retirent des rayons tous les produits de charcuterie ne portant pas le logo VPF. Ces actions visent essentiellement les entreprises de salaisonnerie et de la distribution qui donnent l'impression de se rejeter mutuellement la responsabilité du blocage du dossier VPF. Les éleveurs profitent de leur présence auprès des consommateurs pour les sensibiliser à la situation de l'élevage français.
Pour la première fois en 3 semaines, les producteurs de viande bovine de la région de Morlaix étaient appelés à se joindre à leurs homologues de la filière porcine et militer pour le label VBF. « Nous sommes tous dans la même galère et il faut que tout produit transformé ait une indication de son origine », justifie Michel Gallou, président de la section viande bovine de la FDSEA 29.
Dans la continuité des actions menées par les producteurs finistériens, 2 camions ont été bloqués lundi de 2h à 14h, devant l'usine Jean Caby de Landivisiau. L'un était en provenance des Pays-bas avec de la viande bovine et des jambons. L'autre apportait des jambons en provenance d'Espagne.
Dans le même temps, deux hypermarchés de l'agglomération rennaise ont été la cible des éleveurs. Au Géant de St Grégoire et au Cora de Pacé, ils ont lâché 4 porcelets pour signifier que si rien n'est fait, ils ne pourront bientôt plus nourrir leurs animaux.
Olivier Billon s’inquiète lui aussi de cette menace : "Certains fabricants d’aliments sont également en situation critique avec la flambée du prix des matières premières. Ils pourraient ne plus être en mesure de livrer certains éleveurs très prochainement". Il conclut : " il est vraiment temps que tous ceux qui sont autour de notre profession se mobilisent".
Ronan Lombard
Photo : Les articles où l’origine des viandes n’est pas clairement identifiée par les logos VPF et VBF sont retirés des rayons.