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Sommaire | " PRODUCTIONS " | Lait | Article n°11081 |
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Lait / Pays-Bas : une volonté d'accroître la production de 20% - Des teneurs en phosphore et en azote à maîtriser
 

L'équivalent de 4 millions de tonnes exportées sur les douze produites. Le compte n'y est pas pour les responsables de la filière laitière néerlandaise. Leur objectif est d'accroître la production de 20%, d'ici à 2020. Une production supplémentaire qui se retrouvera inévitablement sur un marché mondial déjà encombré. « Jusqu'en 2015, il semble que les Pays-Bas soient en mesure d'augmenter leur production de 9%, par rapport à 2008, par la seule augmentation de
la productivité, à cheptel constant », assure Jean-Marc Chaumet, de l'Institut de l'élevage. Depuis 2006, les Néerlandais bénéficient d'une dérogation européenne autorisant l'épandage de 250 unités d'azote organique par hectare, à condition que la SAU des exploitations concernées soient composée d'au moins 70% de prairies. Afin d'éviter l'intensification, la production nationale ne doit cependant pas dépasser le niveau de 2002. Cette dérogation sera rediscutée en 2013. Reconduite, elle permettrait aux éleveurs hollandais d'approcher les objectifs de production à 2015. Non reconduite, elle limiterait, de fait, la production au niveau actuel. Quoi qu'il en soit, la problématique phosphore paraît plus contraignante que celle de l'azote. « L'objectif est d'arriver à un surplus nul de phosphate organique en 2015, par la réduction progressive des normes d'épandage ». Cette condition figerait la production au niveau atteint en 2015 (voire avant), sans possibilité d'augmenter les volumes par la suite. Autres contraintes qui pèsent sur le monde de l'élevage: les émissions de gaz à effet de serre (GES) et d'ammoniac. « Un accord national a été conclu pour réduire les émissions de GES de 30% en 2020, par rapport aux niveaux de 1990 ». Enfin 160 zones géographiques doivent répondre aux conditions Natura 2000, imposées par l'Europe. Une superficie totale où l'épandage d'effluents sera limitée.
Lait ou porc?
Alors, faut-il vraiment craindre la volonté expansionniste des Néerlandais, d'autant plus, qu'à toutes les contraintes environnementales, s'ajoute la pression sociétale? « Les objectifs semblent difficiles à atteindre, après 2015. Les techniques nouvelles, développées en fermes expérimentales, permettent de mieux répondre à la problématique environnementale. Il faudrait quand même que les autres productions animales régressent au profit de la production laitière ». Certaines régions produisent déjà plus de 300 unités d'azote organique par hectare, avec les effluents des porcs et des volailles. L'exportation vers d'autres régions, vers l'Allemagne ou vers la Belgique sont nécessaires. Le pays devra probablement choisir entre le développement de la production laitière et le maintien des autres productions.
Arguments
La filière laitière a des arguments. Le revenu agricole est de 36 000 euros par UTAF, de 2004 à 2007, presque deux fois plus qu'en France. « Les investissements sont importants et onéreux, mais rentables, car axés sur la croissance du potentiel de production. L'endettement est globalement maîtrisé (1 euro par kilo de lait produit) ». Le secteur de la transformation est concentré et offensif. Un seul opérateur réalise 80% de la collecte, à coût plus faible qu'en Bretagne. La densité est élevée: 6 tonnes de lait par hectare de SAU. En parallèle, la production porcine est basée, pour partie, sur l'exportation de porcelets vers l'Allemagne, où ils sont engraissés. Un système sans doute moins cohérent. Alors lait ou porc ? Les paris sont lancés.

Bernard Laurent


 


Photo :Les cheptels sont de plus en plus confinés aux Pays-Bas. Les étables se veulent respectueuses du bien-être animal, avec notamment une grande luminosité.

 







Un modèle laitier intensif et performant

•19 000 exploitations spécialisées (essentiellement en lait)
•1,5 UTA familiale et 0,2 UTA salariée par exploitation
•Productivité remarquable: 370 tonnes/UTA
•Sous traitance élevée des travaux hors élevage
•SAU limitée à 49 hectares par exploitation
•Prairie au cœur du système fourrager laitier
•Prairie de moins en moins pâturée
•Cheptels (80 vaches en moyenne) de plus en plus confinés
•Productivité: 7500 kilos/vache en 2009
•Production fourragère: 13 000 kilos par hectare de SFP



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Date de l'article : semaine du N° du 24 au 30 Septembre 2010
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