
La génétique était au cœur de l'assemblée générale du Syndicat Montbéliarde d'Ille-et-Vilaine, le 9 septembre dernier. Le matin, les participants ont pu visiter la nouvelle station de l'Urceo de Saint-Aubin-du-Cormier, découvrant ses différents secteurs : prélèvement, jeunes taureaux, chevaux (nouvelle activité) et pisciculture.
Les nouveaux taureaux et les conseils d'utilisation ont également été présentés aux éleveurs. Sur la zone Créavia, l'offre s'est élargie. Seize nouveaux taureaux entrent dans la diffusion, dont Vase, Unchoix et Uclair, trois taureaux améliorateurs de TP, de morphologie et des fonctionnels. Pour booster la production, Ussage sera un partenaire de choix, et Vantey est un taureau complet. Avec Ulemo et Ulcoto, les éleveurs retrouveront les qualités de production et de morphologie de leur père Micmac. En semence sexée, l'Urceo propose 7 taureaux, dont 3 nouveaux : Ulemo, Vantey et Ulcoto.
Panacher les taureaux génomiques
"Umotest a sélectionné pour cette campagne 80 jeunes taureaux génomiques (Avenir), avec 25 pères différents", a précisé un représentant de la structure. Les taureaux Avenir présentent une moyenne de 140 points d'Isu et 35 points d'Inel, avec 800 kg de lait. Ils affichent 109 en morphologie et sont tous améliorateurs en mamelle.
Ces taureaux génomiques sont renouvelés tout au long de la saison et sont disponibles au niveau des inséminateurs. Pour plus de fiabilité, les responsables préconisent une utilisation de ces mâles sur 20% des IAP de l'élevage. "Et ils doivent être panachés". Pour choisir, les éleveurs disposent des informations généalogiques et des quatre principaux points forts de l'animal. Nouveauté : la valeur bouchère fait désormais partie des critères.
Etablir son profil
Lors d'une présentation générale, Gilles Delaporte, directeur des services aux adhérents Urceo, a détaillé la nouvelle orientation prise par la coopérative. "Avec la génomique, le choix de taureaux s'élargit. Mais le nombre de doses disponibles est plus faible, car les taureaux sont utilisés plus jeunes. C'est la fin du star system", a-t-il précisé.
En parallèle, les besoins des producteurs se différencient. La coopérative a établi quatre profils d'éleveurs : "efficacité" (gamme étendue, Inel, fertilité…), "équilibre" (lait et taux, développement normal, fertilité…), "durabilité" (taux et quantité de matière, qualités fonctionnelles, tempérament, vêlage…) et "performance" (les plus laitiers et index morphologie). L'Urceo va proposer aux éleveurs de répondre à un questionnaire leur permettant de connaître leur profil (Selectis). "A l'avenir, chaque éleveur disposera d'une gamme de taureaux adaptés à ses orientations d'élevage".
La coopérative lance aussi la commercialisation d'un système de détection automatique de vêlage (Alert'Vel) qui est utilisé depuis une dizaine d'années dans le Centre de la France (surtout en élevage allaitant). Placée sur la queue de l'animal, la pince envoie des signaux à un appareil qui les analyse. L'éleveur est prévenu par téléphone quand le vêlage commence. Selon le nombre de pinces et la configuration de l'élevage, il faudra compter entre 3 200 et 3 900 euros pour s'équiper.
Agnès Cussonneau
Photo : Les responsables du syndicat ont constaté un maintien du nombre d'adhérents ces dernières années, (autour de 35).
Caisse "vaches à haut potentiel"
Dans un cadre régional, le GDS lance une caisse "vaches à haut potentiel" qui devrait débuter en janvier 2011 sur l'Ille-et-Vilaine. S'ils le souhaitent, les éleveurs peuvent cotiser en fonction de l'Isu moyen de leur troupeau. Ils seront indemnisés sur l'Isu de l'animal perdu, en cas de maladie gérée par le GDS. Ouverte à tous les éleveurs, quelle que soit leur situation sanitaire, cette "assurance" va être proposée à tous les adhérents de l'OS vers la mi-novembre.
Le prix baisse, les concentrés aussi
En moyenne sur les 66 élevages au Contrôle laitier d'Ille-et-Vilaine (comprenant au minimum 85% de Montbéliardes dans le troupeau), l'effectif moyen était en augmentation de 3 vaches, s'approchant des 48 VL. Egalement sur la campagne 2009/10, la moyenne d'étable dépassait 6 900 kg brut (+ 25 kg), avec un TB de 40,9 et un TP de 33,3. Le niveau de concentrés par VL a été abaissé à 915 kg (- 115 kg) et par kg de lait à 133 gr (- 15 gr). Sans surprise, le prix aux 1 000 L chute de 63 euros (295 euros). Le coût alimentaire aux 1 000 L baisse à 77 euros, avec un coût de concentrés à 42 euros. Lors de l'assemblée générale, les responsables ont pointé une amélioration possible dans les élevages : l'âge des primipares au vêlage, en moyenne à 32 mois sur 2009/10.