
Le 15 septembre, Bretagne Plants conviait ses partenaires à la journée porte ouverte de sa station de création variétale de Kerloï, à Ploudaniel (29). À cette occasion, les nouvelles variétés obtenues étaient présentées. Les innovations traduisent l'essor de la Bretagne sur le marché de l'exportation vers le Maghreb et le Moyen-Orient. Pour le marché national, sur les 7 variétés en cours d'inscription, 3 sont de type "chair ferme", 2 de type "consommation" et 1 est destinée à la transformation industrielle.
Pour la campagne à venir, les indicateurs de la demande sont au vert. Les pays clients de la Bretagne ont eu une consommation forte. Les producteurs auront la trésorerie pour acheter des plants. Contrairement à leurs habitudes, ils n'auront pas conservé beaucoup de tubercules pour la plantation 2011, afin de profiter au maximum de la bonne conjoncture. La demande devrait donc permettre aux producteurs de plants de réaliser une bonne campagne 2010 – 2011, en terme de volumes. Il reste aux exportateurs à reconquérir les prix qui ont chuté depuis 2009.
Rendements contrastés
Au niveau de l'offre, le bassin de production du nord de la France, touché par la sécheresse, ne devrait pas atteindre son niveau de production habituel. Les Pays-Bas, principal producteur devrait, quant à lui, assurer une production correcte. Pour autant, Emmanuel Guillery, directeur de Bretagne Plants, se montre optimiste et s'attend à ce que la progression de la Bretagne se poursuive, "car, à l'image d'Alaska, Océania ou Universa, nous avons des variétés intéressantes pour ses marchés", et la récolte 2010 s'annonce plutôt bien. 5 090 ha de pommes de terre destinées à la production de plants ont été implantés en Bretagne, c'est 4 % de plus que l'année précédente. Les variétés crées par Bretagne Plants couvrent 1 245 ha, ce qui représente une augmentation de 15 % par rapport à 2009.
À mi-parcours de la campagne de récolte 2010, le premier constat est le contraste des rendements entre le bassin de production du Nord-Finistère, où la pluviométrie a été régulière et les rendements autour de Pontivy et dans le Sud-Finistère, secteurs très impactés par la sécheresse estivale. Dans ces deux zones, le rendement des champs non irrigués est pénalisé par le nombre et le calibre des tubercules. Au niveau de la qualité des plants, les périodes chaudes ont maîtrisé la pression du mildiou qui avait fortement pénalisé les cultures des 3 dernières années. En revanche, il faudra être particulièrement attentif aux résultats des tests viraux qui débutent cette semaine, car les conditions ont été favorables au développement des pucerons.
Ronan Lombard
Photo : 56 variétés étaient présentées sur le champ de comportement variétal de Bretagne Plants à la station de Kerloï à Ploudaniel (29).
Deux chiffres manquant en 2010
• 311 producteurs. La campagne de recrutement de producteurs a porté ses fruits. Depuis 2 ans, leur nombre ne diminue plus. Cette année, les 15 cultivateurs bretons qui ont cessé de produire des plants de pommes de terre ont tous été remplacés.
• 73 400 t : la dernière campagne s'est soldée par un record des exportations bretonnes, en termes de volume. Les exportations représentent désormais 60 % des ventes de plants bretons. Malheureusement, ce sont les prix qui ont décroché.