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Sommaire | " PRODUCTIONS " | Volailles | Article n°11064 |
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Volailles / Un marché porteur en Europe - 52 % des poulets bretons vers les pays tiers
 

Au niveau mondial, les prospectives prévoient une progression de la consommation de volailles de 3,5 % par an. "Chaque Français en consomme 24 kg/an. Et les marges de progression existent", souligne Pascale Madec, d'Univol. Les Allemands sont à 18 kg contre 32 kg pour les Portugais.


Importatrice nette


Pourtant, ce contexte ne semble pas très porteur pour la France qui "patine" avec une stabilité de sa production de poulets depuis 10 ans (+ 1,4 %) et une baisse de la production de dinde de 50 %. "Dans les années 1980-90, 30 % des dindes françaises partaient pour l'Allemagne. Les courants se sont aujourd'hui inversés", constate Gilles Le Pottier, du Cidef. Le constat est amer, car pour la troisième année consécutive, la France est importatrice nette de viandes de volailles vis-à-vis de ses partenaires européens. Un déficit supérieur à 78 000 t. en 2009. 
Gilles Le Pottier avance quelques explications. "Le regroupement des 2 Allemagnes a apporté une culture agricole et ouvert des portes sur la croissance". L'efficacité allemande a rapidement joué sur plusieurs atouts. "L'emploi de main d'œuvre à bas coût permet aux abattoirs de réduire le coût de revient d'abattage-transformation de 130 euros par tonne de viande. Grâce à un régime spécifique de TVA, l'agriculteur allemand conserve 2 à 3 % de son chiffre d'affaires, ce qui équivaut encore à 20 euros/t". Les deux éléments représentent 150 euros/t. soit 7 à 8 % du prix de revient du produit fini.    
Gilles Dréan, président du Cidef, ajoute "En France, nous avons une dispersion de notre gamme de produits par rapport à l'Allemagne". Du côté des accouveurs, la situation reste tendue. "Les centres de décision ont migré vers les Pays-Bas et l'Allemagne", souligne Jean-Claude Amice, président du SNA.


200 000 t de poulet export


La situation du poulet export est plus favorable. "En 1994, les accords de Marrakech ont entériné une diminution des restitutions. Le poulet export, c'est fini, a-t-on entendu", souligne Françis Ranq, président du GIPEP. Les restitutions sont toujours là et leur suppression reste suspendue aux accords de l'OMC, actuellement bloqués.  
"Le poulet export ne se porte pas trop mal avec un volume de 200 000 t pour 2010", estime F. Ranq. "Nous avons retrouvé le tonnage d'avant la crise aviaire. Pas de triomphalisme, mais Bruxelles affirme que sans accord à l'OMC, il n'y a pas de raisons de supprimer les restitutions".


52 % de la production bretonne


Le poulet export est l'un des piliers de l'aviculture. "C'est 26 % de la production française de poulets et 52 % de la production bretonne". Sa disparition entraînerait la fermeture d'abattoirs et la fin des économies d'échelle dans la filière bretonne. "Nous devons jouer la complémentarité entre l'exportation et le marché national", déclare F. Ranq. 
Peut-on redonner un nouveau souffle à la production bretonne ? "35 % de la consommation française de poulets standards est importée", précise G. Le Pottier. "L'essentiel transite par nos voisins européens, en provenance des pays tiers. Les salaisonniers ont remplacé la dinde par le poulet importé dans la fabrication de leurs produits élaborés, pour des questions de coût".


Jouer la complémentarité


"Ces difficultés, c'est de notre faute", estime Christophe Hamon, de Breizh Europe. La filière française est soumise à des querelles internes préjudiciables à la création de l'interprofession. "Prenons ce qui marche dans les autres pays et travaillons de manière complémentaire". La France, premier producteur européen de volailles, s'empêtre dans l'application des directives en allant au-delà des préconisations de Bruxelles. 
Réglementation bien-être, environnement, vieillissement du parc,… Les inquiétudes demeurent. A l'image de ce jeune producteur qui souligne le paradoxe entre le besoin croissant en poulets et l'impossibilité de construire et de payer un poulailler neuf.
Patrick Bégos


 


Photo : De gauche à droite, Gilles Dréan (Cidef), Jean-Claude Amice (SNA - accouvage), Gilles Le Pottier (Cidef et CIPC).

 






 1,3 million de volailles par semaine



Depuis janvier 2010, le groupement Univol est intégré au sein de Nutréa Volailles. Il regroupe 230 éleveurs pour une surface de 470 000 m2. La production atteint 1,3 million de volailles par semaine dont 91 % de poulets (47 % export et 44 % standard) et 8 % de dindes. L'activité d'accouvage est constituée de 310 000 poules reproductrices produisant 50 millions de poussins par an. L'une des priorités du groupement est de renouveler ses adhérents : 15% d'entre eux ont plus de 55 ans.





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Date de l'article : semaine du N° du 17 au 23 Septembre 2010
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