
Dans 10 ans, ce sera trop tard », avertit Laure Elsaesser, conseillère export à Ubifrance, agence d'état chargée du commerce extérieur. « C'est le moment de venir en Chine pour rencontrer les grands investisseurs du pays. Les besoins sont énormes, en termes de nutrition, de génétique, de technique et d'équipement ». Une condition: venir groupés. « Les Chinois sont à la recherche de solutions complètes pour leurs bases porcines, gérés par de grands groupes ». L'enjeu est de taille. Le plus gros producteur de porc mondial, avec 48 millions de tonnes produites, connaît une croissance rapide. L'élevage familial est remplacé par ces grands ensembles et, globalement, par un élevage industriel intégré aux industries de transformation. « 60% de la production est désormais réalisée par des élevages de plus de 50 truies ». Ce développement est encouragé par des subventions de l'Etat et des provinces. La filière porcine est prioritaire et accapare la majorité des aides. Le pays est également le premier consommateur de viande de porc. Les investissements étrangers sont souhaités pour accompagner ce développement. La maîtrise sanitaire est à ce prix. La performance technique également. « Il s'agit essentiellement d'augmenter le taux de survie des porcs ». Un enjeu majeur, dans un pays qui compte 20% de la population mondiale sur 7 à 8% des terres cultivables et 6% des ressources mondiales en eau.
Présence au Vietnam
Le Vietnam aussi a de gros besoins d'investissements. « Le pays a instauré une politique stratégique de développement avec un volet de formation des éleveurs et des administrations locales, des incitations pour les investissements étrangers et un développement des infrastructures et des organismes coopératifs », indique Géraldine Aupée, conseillère Ubifrance, basée à Ho Chi Minh. Le cheptel local est de 27 millions de têtes en 2009 soit 3,5% de plus qu'en 2008. La production totale de viande de porc augmente, dans le même temps, de 4,5%, ce qui témoigne d'une amélioration de la technicité. La demande locale augmente de 8% par an. Contrairement aux pays voisins du Sud Est Asiatique, le Vietnam bénéficie du dynamisme d'industries qui enrichissent le pays, le tourisme, la fabrication de meubles et de chaussures. « Les importations sont en croissance constante, en raison de la diminution des taxes aux importations depuis l'adhésion à l'OMC, en 2007. La volonté des autorités est néanmoins de parvenir à l'autosuffisance rapidement ». L'élevage industriel remplace les élevages familiaux, avec, là aussi, l'objectif majeur de contrôler les épidémies. Le secteur de la nutrition est dynamique, 80% de cette production est destinée aux porcs et 18% à la volaille. Le secteur bovin est peu développé. Cette industrie est dépendante des importations. 60% des matières premières sont achetées à l'étranger. 40% des fabricants locaux ont des problèmes de rentabilité. « Les besoins d'équipement technologiques sont importants. Les importations d'aliments préparés, d'ingrédients et de prémix sont en constante augmentation en provenance des USA, d’Australie et de Nouvelle-Zélande essentiellement ».
Végétariens en Inde
La production porcine de l'Inde est peu développée. Sa croissance est faible. Les obstacles culturels et religieux (50% de la population est végétarienne), incitent les pouvoirs publics à encourager la production laitière, déjà la plus importante au monde. Le secteur porcin est informel et peu organisé. La faible productivité des races, la production de type familial, la faible disponibilité des ressources alimentaires et du suivi sanitaire annihilent son développement, au contraire du secteur avicole, en croissance de 8 à 10% par an.
Bernard Laurent
Photo : De gauche à droite: Antoine Pfister, Laure Elsaesser et Géraldine Aupée, conseillers exports Ubifrance, agence d'Etat chargée de l'accompagnement des entreprises à l'exportation, respectivement en Inde, en Chine et au Vietnam, présents au Space mardi dernier. Ils encouragent vivement les entreprises bretonnes à participer aux salons locaux.