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Sommaire | " PRODUCTIONS " | Lait | Article n°11061 |
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LAIT / 210 euros par vache laitière, de plus que la moyenne - Ces producteurs qui résistent mieux face à la crise
 

Prises dans leur globalité, les exploitations laitières qui se situent dans le peloton de tête de la rentabilité sont relativement semblables aux autres. C’est bien ce qui intrigue…Il faut y regarder de plus près pour entrevoir des différences. Ces producteurs ne travaillent pas tous de la même manière. Certains misent sur le fourrage ; d’autres préfèrent  l’élevage. D’autres encore regardent à l’économie. Enfin, il y a ceux qui jouent sur le volume.
Les trois quarts exploitent sous forme sociétaire. Le recours à la main d’œuvre reste modeste (1,68 UTH total) et un quart d’entre eux emploie un salarié à temps partiel. Par contre, la surface exploitée
varie de 26 à plus de 175 ha, tandis que le volume de lait oscille entre 173 000 et 489 000 L/UTH.
Malgré la dégradation de la conjoncture, ces élevages se caractérisent tous par un très bon niveau de marge brute, quel que soit le critère de comparaison retenu (voir tableau.) Dans l’ensemble, ils atteignent une moyenne de 64 % de marge brute/produits, soit 7 points de plus que la moyenne du groupe.


Fourrages : pas de gaspillage


Le premier sous-groupe mise sur les fourrages. Ces éleveurs possèdent un bon parcellaire, doublé d’un bon potentiel agronomique. Ils obtiennent de très bons rendements qu’ils cherchent à valoriser au maximum. Leurs chargements dépassent facilement les 2 UGB/ha. Les cultures fourragères, qui incluent plus d’un tiers de maïs ensilage, sont bien maîtrisées. Même si les coûts/ha restent assez élevés, les rendements obtenus permettent d’offrir des produits peu couteux (environ 45 €/tonne de matière sèche de maïs et 16 €/tonne de matière sèche d’herbe.) Près d’un tiers des concentrés sont également issus de l’exploitation. Cela permet de baisser de 14 €/tonne le prix moyen des concentrés. Par contre, les éleveurs restent assez généreux avec leurs animaux puisqu’ils distribuent près de 169 grammes de concentrés/ litre de lait.
Autre particularité de ces élevages : la proportion importante des produits « viande » : 28 €/1000 L de plus que l’ensemble du groupe. Même si ces éleveurs ne cherchent pas à pousser leurs vaches en lait (production/VL/an inférieure de 430 litres/VL à la moyenne), ils veillent à obtenir au moins un vêlage par vache et par an. Cela leur permet d’obtenir davantage d’élèves à revendre. Grâce à leurs résultats «fourrages», le coût de production de ces animaux est plutôt faible, ce qui permet de dégager un boni.
Enfin, la référence laitière de ces élevages est, généralement, plus importante que la moyenne (+ 46 000 L/UTH.) De ce fait, ils bénéficient d’une dilution des charges opérationnelles et de structure (+ gain de 25 €/1000 L par rapport au groupe.)


Cheptel : peu, mais performant


La seconde catégorie d’éleveurs mise sur des animaux performants. Ces producteurs recherchent une production de lait relativement élevée par vache : 7 204 L/an et 0,97 veau par an. Le lait est correctement valorisé, mais sans plus, car les taux sont plutôt moyens. Même s’ils sont très performants au niveau de l’élevage des génisses (26 mois d’âge au vêlage),
ces éleveurs ne cherchent
pas en faire une activité complémentaire. Le produit « viande /UGB » qui atteint 1 380 €/UGB ne représente que 68 €/1000 L.
Les animaux de ces exploitations sont bien amortis (4 lactations/carrière) et produisent 12,73 L par jour de vie, soit la meilleure performance de toutes les catégories. Les coûts alimentaires sont importants, si on ne regarde que leurs coûts à l’hectare ou à la vache. Mais compte tenu du chargement (1,72 UGB/ha) et de la production/VL, ils restent inférieurs de 18 €/1000 L à la moyenne.
Ce système offre plusieurs avantages. Les jeunes bovins ne représentent qu’un quart des UGB à loger, nourrir et soigner. Les coûts alimentaires, les frais d’entretien et autres charges sont réduits. Mais, il a aussi ses inconvénients. La pression au travail reste importante, car tout le système repose sur les performances des animaux. Cela nécessite une bonne planification des tâches, une surveillance accrue et une bonne maîtrise de l’alimentation et du sanitaire.


Un préalable : maîtriser les coûts


Ceux qui optent pour des coûts de production faibles n’ont pas, pour autant, un plus petit litrage puisqu’ils
produisent près de 338 000 L/UTH/an. Par contre, ils n’ont pas beaucoup de produits accessoires (cultures de ventes, aides…) Leurs points forts : le faible coût du foncier et de la mécanisation (-7 € chacun/ 1000 L). 
Ils maîtrisent aussi relativement bien la ration de base. Ils ne distribuent que 885 kg de concentrés par vache pour 6 989 L de lait produit et affichent un chargement souvent élevé (1,78 UGB /ha). Il en va de même pour la partie élevage : 28 mois d’âge au vêlage, 1,02 veau/VL/an et 26 % de réforme/an.
Au final, leur technicité leur permet de réaliser une économie de 45 €/1 000 L par rapport au groupe. Notons que quelques-uns de ces éleveurs ont investi dans un robot de traite.


Volume : diluer les coûts


D’autres s’en sortent bien en misant sur un litrage élevé. S’ils restent dans les meilleurs économiquement, c’est qu’ils obtiennent des résultats techniques satisfaisants : 7 241 L et 1,09 veau/ VL/an, 1,76 UGB/ha. Leurs coûts de production sont légèrement inférieurs à la moyenne grâce à la partie fourrages et à la dilution des charges de structure. Ces éleveurs ont souvent saturé leurs outils.
Quelle que soit l’orientation choisie, tous ces éleveurs maîtrisent bien tous les postes techniques. Ils n’ont guère fait d’erreur au niveau structure. Quand il y a des coûts élevés, ils sont toujours contrebalancés par un bon niveau de production. Leur autre point fort est d'avoir un petit surplus de stocks (génisses et fourrages.) Cela leur permet de gérer la production à deux vitesses (vente des génisses en surplus si peu de lait à produire ; maintien dans le troupeau si complément à produire.) Mais ces bons résultats technico-économiques n’augurent pas forcément de la situation financière des exploitations, car leurs besoins financiers peuvent être conséquents suite à un récent investissement ou à une installation.

Marie-Claude Guiavarc’h
CER FRANCE Finistère


 


Photo : Hétérogènes au niveau des structures d’exploitation, les élevages qui résistent le mieux à la crise laitière ont un dénominateur commun. Ils maîtrisent bien l’ensemble des postes techniques.


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Date de l'article : semaine du N° du 17 au 23 Septembre 2010
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