
L’agriculture est particulièrement concernée par le volet préventif du plan d’action de lutte contre les marées vertes sur les deux baies prioritaires. Certaines actions entrent dans une phase de concrétisation sur le terrain, comme l’aide au développement de cultures pérennes, les appels à projets méthanisation, les mesures des reliquats d’azote, et les déclarations de flux…). C’est ce qui a conduit la Chambre d’agriculture a informer rapidement les agricultrices et agriculteurs des bassins versants concernés de la baie de Saint-Brieuc, afin que chacun puisse se déterminer dans ses choix. Six réunions se sont déroulées cette semaine.
Déclaration de flux avant le 15 novembre
Dans les prochains jours les agriculteurs vont recevoir des documents à remplir : « Une déclaration de flux d’azote ». Elle concerne tous les agriculteurs du BV qui ont plus de 3 ha de SAU et les agriculteurs situés hors du BV s’ils échangent des déjections avec les agriculteurs du BV. Ces documents vont être à remplir rapidement puisqu’il est prévu qu’ils soient retournés aux services de l’Etat pour le 1er octobre en format papier et pour le 15 novembre pour ceux qui choisissent la formule de la « télé déclaration ».
Une déclaration obligatoire, pouvant entraîner une pénalité de 1 % des aides Pac, si elle n’est pas réalisée. Figurent sur ces documents le cheptel, les quantités d’azote organique épandu, reçu, cédé ou résorbé, les quantités d’azote minéral et éventuellement les composts urbains ou les boues.
Ces mêmes agriculteurs vont recevoir la visite d’agents de deux sociétés en charge d’effectuer des prélèvements afin de mesurer les reliquats d’azote dans les terres des BV. Plus de 4300 reliquats dans les 1491 exploitations des deux BV sont prévus, entre 1 et 4 en fonction de la surface. Ils seront comparés à un réseau de parcelles de références régionales.
Les responsables admettent que « si dans un premier temps, le caractère pédagogique est privilégié avec un classement (bon, à surveiller ou mauvais), ces mesures de reliquats pourraient rapidement servir à orienter certains contrôles pour notamment vérifier l’origine des risques ». Ils regrettent aussi une certaine focalisation sur les terres cultivées en maïs : 64 % des prélèvements, contre 15 % pour les céréales, 11 % pour l’herbe et 10 % pour les oléoprotéagineux.
MAE plantes pérennes
Deuxième axe de ce plan d’action, la mise en œuvre de projets territoriaux visant d’une part à réduire les fuites d’azote et d’autre part à une gestion différentes des éléments fertilisants par une valorisation énergétique et notamment la méthanisation. Une vingtaine d’unités serait accompagnée dans un premier temps sur la Bretagne. (voir article appel à projet page10). Les responsables costarmoricains incitent les agriculteurs des BV à s’y intéresser.
Concernant la maîtrise des risques, tout en maintenant des surfaces productives, le développement de plantes pérennes pourrait être encouragé. Elles permettent à la fois de limiter les lessivages, de réduire le recours aux intrants tout en préservant la capacité de valorisation de l’azote organique et d’ apporter plus d’autonomie protéique. L’exemple de la luzerne a été présenté lors de ces réunions.
Cette volonté de développement des plantes pérennes est accompagnée d’une proposition de cahier des charges MAE Plantes pérennes. En tenant compte de contraintes (couvert fixe pendant 5 ans, pas de retournement sur la période, fertilisation limitée à 125 unités d’azote, pas de désherbage en plein), une indemnité serait versée, 234 euros par ha et par an.
Pierre Dénès
Renseignements auprès des animateurs de bassins versants :
- Anse d’Yffiniac : 02 96 74 76 64 (F. Stephan)
- Gouessant : 02 96 31 05 69 (C. David)
- Gouët : 02 96 79 21 77 (S. Floch)
- Ic : 02 96 79 21 77 (S. Carduner)
Photo : Danièle Even, secrétaire générale de la Chambre et Jean-Jacques René, l’un des responsables du dossier environnement ont invité les agriculteurs à s’intéresser aux différents volets du plan d’action