
Alors que 2010 aura vu s’opérer de nombreux regroupements dans la filière porcine, les responsables de la coopérative des éleveurs bretons (CEB) ont fait le choix de préserver l’indépendance de la structure sans pour autant rejeter les partenariats et les adaptations. Philippe Saliou le président, et les deux jeunes vice-présidents, Christophe Quettier et Thierry Le Bihan, parlent d’une même voix : « Nous voulons rester atypique dans le paysage porcin actuel. C’est une volonté du conseil d’administration, essentiellement composé de jeunes éleveurs qui veulent privilégier leurs adhérents plutôt que leur structure».
Ce choix totalement assumé est d’abord celui de la volonté de maintenir un groupement à taille humaine en misant sur la proximité avec ses adhérents. « Les éleveurs se connaissent entre eux, n’hésitent pas à venir à la coopérative bien identifiée dans la ZI de Bellevue à Guingamp où ils peuvent régulièrement rencontrer les techniciens ». Ils y viennent d’autant plus facilement qu’un magasin bien achalandé dans lequel tout le petit matériel d’élevage est à leur disposition. « Rappelons que de Lamballe à Landivisiau, seule notre structure est implantée dans l’ouest de notre département ; une force pour demain ».
Partenariats durables
Pour autant, les responsables de la coopérative, attentifs aux évolutions, n’entendent pas s’isoler. « Nous avons depuis 1988 engagé un partenariat fort avec un outil d’abattage et de transformation, Kermené, au sein du GIE Porc Alliance .Ce choix, précurseur à l’époque, fonctionne bien. Le professionnalisme et la ponctualité de nos chauffeurs participent à cette réussite ». Une stratégie qui s’est aussi poursuivie avec le groupement vétérinaire, Celtivet (groupe Chêne Vert) depuis 2008. « Nous offrons aux adhérents les compétences de vétérinaires et les services indispensables dans le domaine de la santé animale avec un regard neutre ».
Début 2009, en amont, c’est au travers d’un rapprochement avec le groupement porc de Coopagri Bretagne, aujourd’hui au sein de Triskalia, que la CEB a mutualisé une partie de ses services, notamment ceux liés à la logistique pour le transport des porcelets, des charcutiers et des animaux de réforme. « Ce partenariat nous permet d’être plus compétitifs, d’étoffer notre compétence technique, d’élargir l’offre en matière génétique et de nutrition …, et aussi d’accompagner les jeunes lors de leur installation (Contrat jeune investisseur) ».
Cette stratégie au service des adhérents se veut cohérente pour apporter une certaine sécurité. « Les solutions que nous proposons à nos adhérents sont diverses. Nous privilégions des partenariats durables dans le temps tout en préservant cet espace de liberté. Ainsi, les éleveurs sont libres dans leurs choix commerciaux, soit de vendre en direct à Kermené, soit de passer par le MPB, ou encore d’accéder à des démarches spécifiques en fonction des opportunités ; ex : le Label Rouge ».
Ils concluent : « La coopérative doit apporter la connaissance à ses adhérents. Nous voulons des éleveurs responsables chez eux qui maîtrisent les différentes composantes amont et aval de leur métier et décident. Ce nouvel élan que nous souhaitons sur notre territoire s’orchestrera dès la fin de cette année avec la responsabilisation d’un nouveau jeune président. Le fait que des éleveurs nous rejoignent encore récemment , nous conforte dans cette orientation».
Pierre Dénès
Photo : Devant le siège de la Coopérative, Philippe Saliou le président, et les deux jeunes vice-présidents, Christophe Quettier et Thierry Le Bihan