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Sommaire | " PRODUCTIONS " | Porcs | Article n°11039 |
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Porc / Convaincre son banquier - Financer un projet en période de crise
 

L’exploitation agricole se complexifie. Les compétences à mettre en œuvre et les capitaux à mobiliser augmentent. Les passages intergénérationnels, comme tout projet d’envergure en croisière, nécessitent une analyse et une expertise très précises.
Avec des normes bancaires exigeant aujourd’hui entre 15 et 20 % d’apport personnel et (ou) de capitaux extérieurs, le financement du projet par l’entrepreneur doit être innovant. Or quand on connaît l’engagement nécessaire pour un élevage porc naisseur
engraisseur, la manne extérieure à mobiliser peut être un frein à l’installation.
Les incertitudes de mar-ché, tant au niveau de la cotation au cadran que du prix des céréales, ajoutés à la pression environnementale, con-duisent les porteurs de projet à faire preuve d’encore plus de perspicacité face à leurs partenaires financiers.


Convaincre le banquier


En période de crise, tout commence par la présenta-tion du projet et la capacité de négociation face au(x) banquier(s). Il faut être aussi réaliste que possible dans les projections et étayer les chiffres. La synthèse globale doit aboutir à un prix d’équilibre n’excédant pas 1,25 €/kg.
Cette phase d’entretien essentielle, permet à son interlocuteur de vérifier que l’on s’est bien approprié les différents chiffres, mais également d’évaluer notre motivation.
La réalisation d’un « business plan », qui fixe la stratégie de l’entreprise sur le moyen terme, reste un document apprécié par le banquier.
Si l’installation sous forme individuelle s’avère difficile, un projet en société pluripersonnelle offre certaines garanties tant au niveau des associés présents, que des résultats passés. Cependant, rappelons que le projet sociétaire dépasse la simple réalisation d’objectifs économiques. Il doit également
intégrer l’aspect humain, élément fondamental de toute association.


Équilibrer les financements


Toute entreprise qui recourt à l’endettement extérieur le fait soit à long et moyen terme, soit à court terme. Hormis le foncier que l’on peut raisonnablement rembourser sur 15 à 20 ans (voire 25 ans dans quelques situations particulières), les bâtiments repris ou à construire doivent être remboursés sur 10 à 15 ans, et toujours en cohérence avec leur durée de vie.
Les stocks circulants font l’objet d’un financement mixte, entre ouverture de crédit et crédit court terme.
L’ouverture de crédit (OC) est une convention par laquelle une banque autorise un découvert à son client pendant une période donnée, et dans une limite déterminée. L’ouverture de crédit est plafonnée, et la ligne de découvert ne doit pas être dépassée. Certaines banques facturent une commission d’engagement sur cette OC,  même non utilisée ! Ce type de financement offre une grande souplesse dans la gestion quotidienne de l’entreprise.
Le crédit court terme (généralement d’un voire deux ans) vient compléter les besoins de financement des stocks circulants.
Avec une structuration adéquate des financements au regard du projet, les équilibres financiers sont respectés. Les capitaux stables ou permanents qui financent au-delà des immobilisations génèrent le fonds de roulement. Plus ce dernier est élevé, meilleure est la solidité. Mais, il faut également intégrer le besoin en fonds de roulement.
En simplifiant, il doit, au minimum, financer les stocks, sans oublier d’y intégrer les créances à court terme, diminuées des dettes à court terme.
Crise ou pas, un bon projet trouvera toujours un concours financier. Cependant, face à la frilosité bancaire, le recours à un crédit vendeur ou à un crédit des partenaires peut quelquefois s’avérer nécessaire.

Hervé Le Gouellec,
 CER FRANCE Côtes d’Armor


 


Photo : Un projet d’installation ou de restructuration, bien pensé, bien présenté et bien négocié, trouve toujours un concours financier.

 







Notre conseil

N’acceptez jamais un plan de financement où toutes les lignes de crédit sont déjà au maximum.









Les moyens de résister

Avec des variations du cours du porc et des matières premières, il est fréquent d’observer un prix d’équilibre supérieur au prix payé. La saisonnalité se vérifie chaque année. De fait, la structure financière de l’entreprise doit intégrer une capacité de résistance d’au moins 6 mois.
Prenons l’exemple d’un élevage de 300 truies qui valorise 7500 porcs par an (soit 675 000 kg de carcasse), avec un prix de vente à 1,15 € /kg et un prix d’équilibre à 1,25 € /kg.
Avec 30 000 euros de disponible sur les lignes de crédit, cet élevage va résister pendant 23 semaines. Pour se reconstituer une épargne de sécurité, avant d’affronter une nouvelle saisonnalité, il lui faudra autant de semaines avec un prix de vente supérieur de 10 centimes à son prix d’équilibre, soit 1,35 € /kg.



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Date de l'article : semaine du N° du 10 au 16 Septembre 2010
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