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Sommaire | " POLITIQUE AGRICOLE " | Article n°11037 |
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MARCHÉS / Les organisations peinent à régler les enjeux des filières - Les interprofessions sous pression
 

Les organisations communautaires affaiblies, les structures de droits privés telles que les interprofessions, sont censées prendre le relais du désengagement de l’Europe et de l’Etat. C’est ce que prévoit la loi de modernisation agricole qui instaure une obligation contractuelle entre les producteurs et leurs clients avec un rôle central tenu par les interprofessions. Leur mission est d’élaborer des « contrats types ». La spécificité de la filière laitière avec une segmentation de marché importante rend difficile l’élaboration d’un seul contrat type, soulignent les spécialistes. Le Cniel (interprofession laitière)  aurait alors comme mission de définir un « guide de bonnes pratiques » assurant l’équité de traitement entre la familles des producteurs et celle des industriels, qu’ils soient privés ou coopératifs. La filière laitière doit à ce titre rendre sa copie au  1er janvier 2011.


Un prix du lait qui divise


Actuellement, l’enjeu financier de cette filière dépasse les intérêts que trouvaient jusque-là ses acteurs à travailler ensemble. La question du prix du lait la fragilise. Pour les industriels, l’achat de matière première qu’est le lait devient « la » variable d’ajustement de leur rentabilité. « Les industriels ne sont pas prêts à remettre en cause ce que peut faire diminuer leur compétitivité », résumait le ministre Bruno Le Maire, le 30 août, en déplacement dans l’Eure. Résultat : malgré l’accord sur le prix du lait signé le 3 juin 2009, l’interprofession laitière se déchire à épisode régulier et se trouve périodiquement dans une impasse.


Perte de pouvoir


Si l’interprofession n’avance pas, ce sont les services du ministre qui reprendront le flambeau. Bruno Le Maire l’a évoqué le 30 août. C’est même écrit dans la loi. Le risque pour l’interprofession est alors de perdre son pouvoir politique, très utile à la FNSEA qui, seule, représente les producteurs. Pour l’heure, il n’y a pas de réunion officielle sur la contractualisation à l’interprofession laitière entre les élus des trois familles. La dernière crise laitière de cet été a mis l’opposition des industriels laitiers privés et coopératifs au grand jour. Aujourd’hui, ils ne souhaitent plus évoquer la contractualisation publiquement. Si l’interprofession réussit à mettre d’accord industriels privés et coopératifs qui s’opposent sur la définition du prix et du volume dans les futurs contrats, elle en sortira renforcée. Le ministre ne manquera pas alors de souligner l’exactitude du raisonnement qui consiste à faire jouer à ces institutions un rôle central. Bref, le politique gagnera à tous les coups. Le syndicalisme majoritaire, lui, a beaucoup à perdre et peu à gagner.


 







 L’interprofession porcine (Inaporc) et les actions syndicales

Aujourd’hui, la FNP a, entre autres objectifs, d’améliorer la visibilité en charcuterie de VPF et appelle à une opération de « stickage » des produits dans la grande distribution. Toute cette politique a eu lieu hors Inaporc car le projet ne fait pas l’unanimité, contrairement à la règle de toute interprofession. La Fédération française des industriels charcutiers traiteurs (FICT) considère « qu’il n’y a pas besoin d’en faire plus », selon Jean-Michel Serres. « Si tous les problèmes se réglaient autour de la table, ce serait un monde idéal !, précise-t-il. Trop d’intérêts contradictoires et de rapports de force existent entre les représentants de l’interprofession. Inaporc permet les discussions, mais quand le marché mondial des céréales tombe, elle ne peut pas faire grand chose. » Guillaume Roué, président d’Inaporc, « ne se sent pas concerné » par une quelconque remise en cause d’Inaporc du fait de l’action syndicale. En attendant, quand le président de la FNSEA, Jean-Michel Lemétayer, annonce qu’il va réunir les professionnels du porc pour trouver une solution aux bas prix de production, il insiste bien sur le fait qu’il ne réunit pas l’interprofession mais les membres de la filière. Cette structure, par son interdiction de dire quoi que ce soit sur les prix de marché, ne paraît pas la mieux adaptée pour trouver une parade à la crise.



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Date de l'article : semaine du N° du 10 au 16 Septembre 2010
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La révolution rurale des années 60





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