
Les primes payées par Génoé, aux éleveurs, pour les filles de taureaux de testage, sont remboursées à la coopérative par Jura Bétail », indique André Thébaut, directeur adjoint de Créavia. Depuis l'accord passé entre Créavia et Umotest, Jura Bétail ne se sent plus engagé pour ce remboursement. « Pas normal », s'insurgent les éleveurs de Montbéliardes. « Jura Bétail continue de profiter de ce testage. Les éleveurs doivent percevoir les primes, comme convenu dans les contrats signés avec la coopérative ». Trois solutions sont évoquées par André Thébaut. « Génoé paie les primes sur ses fonds propres ou supprime le versement aux éleveurs. Aucune de ces deux solutions n'est acceptable. La troisième piste qui consiste à soustraire le montant des primes sur la facture des doses de semence achetées à Jura Bétail est privilégiée ». Il faudra convaincre les dirigeants de la coopérative de l'Est de la France, peu enclins à céder, compte tenu du récent accord. Le dirigeant de Créavia promet de rencontrer son homologue de Jura Bétail, à l'occasion du Space.
Les doses déjà dans les cuves
Lors de la dernière campagne, 20% des doses utilisées par les éleveurs de la région provenaient de Jura Bétail ; 80% de Umotest. Christian Nicolas, de Créavia, s'est montré rassurant concernant la disponibilité des doses, pour la prochaine campagne. « Contrairement à la saison dernière, toutes les doses seront disponibles dès le début septembre. Nous avons pris les mesures pour que le problème de retard de livraison, qui a pénalisé les éleveurs l'an dernier, en début de campagne, ne se reproduise plus ». Les doses sont déjà à la coopérative. Elles seront dans le cuves dès la semaine prochaine, assure le technicien. « Y compris les doses des huit taureaux de Jura Bétail, choisis par la commission des éleveurs. De même, si un taureau intéressant sortait en cours de campagne, dans cette coopérative, sa semence serait disponible à l'achat ».
13% d'IA de taureaux génomiques
Le testage classique a laissé la place à l'utilisation de taureaux « avenir », génotypés. L'objectif est d'atteindre 20% d'inséminations avec ces taureaux sur l'ensemble du troupeau. Un objectif loin d'être atteint sur la dernière campagne. Un petit 13% sur la zone. A peine mieux qu'en testage classique les années précédentes (10% des femelles du troupeau auparavant inséminées en testage). Pourtant le risque est bien moindre. Alors pourquoi ne pas les utiliser ? Laurent Le Meitour, éleveur à Silfiac, avance de bonnes raisons. « L'an dernier, il n'y avait que quatre taureaux avenir disponibles. Il en faudrait un peu plus pour ne pas se retrouver avec plusieurs filles d'un même taureau, car, si le risque et moindre, il existe néanmoins ». Cette année, des doses de semence d'une vingtaine de candidats sont déjà arrivés au centre d'insémination. Les éleveurs auront le choix. « Il serait souhaitable que nous ayons les caractéristiques de ces taureaux avant l'arrivée de l'inséminateur, ce qui n'est pas le cas actuellement. Avec ces éléments, nous pourrions mieux ajuster les accouplements ». Actuellement, 4 points forts, pour chaque taureau génotypé, sont annoncés. « Le critère valeur bouchère le sera également, dès cette campagne », assure Chritophe Le Bastard, d'Umotest. « Ces jeunes taureaux issus de 25 pères différents assureront un progrès génétique tout en apportant une variabilité génétique ». Un avantage considérable de la génomique, dans une région où la consanguinité est importante, susceptible de convaincre les éleveurs d'inséminer 20% des vaches et génisses du troupeau et d'atteindre l'objectif fixé par les responsables de la race.
Bernard Laurent
Photo : De gauche à droite: Frédéric Geffray, président du syndicat départemental, Laurent Le Meitour et Isabelle Jouanno, administrateurs, ont animé l'assemblée générale, mardi dernier à Guénin.