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Sommaire | " PRODUCTIONS " | Volailles | Article n°11018 |
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AVICULTURE / En chair comme en ponte - Hausse des coûts de production
 

Si les marges brutes en volailles de chair ont progressé grâce à une conjoncture favorable, cette embellie est toutefois tempérée par l’augmentation du coût de production. La marge brute s’établit en poulet à 29.48 €/m² et en dinde à 29.12 €/m². En poulet, le coût de production s’est accru de 0.27 €/m²/lot pour atteindre 5.51 €/m²/lot. Cette hausse provient principalement de l’augmentation des frais d’élevage et de litière (+ 28 %) ainsi que des frais d’enlèvement (15 %). Pour l’activité dinde, le coût de production évolue lui aussi à la hausse. Il s’établit à 12.99 €/m²/lot, soit une augmentation de 0.60 €/m²/lot. Comme en poulet, la dégradation du coût de production résulte de l’élévation des mêmes charges mais surtout des charges de structure qui font un bond : + 0.46 €/m²/lot. Les charges de bâtiment et de foncier progressent de 0.13 €/m²/lot et les intérêts des emprunts de 0.09 €/m²/lot. La récente flambée du prix des céréales va impacter la filière volailles qui devra batailler pour en répercuter l’impact sur la distribution afin de conserver sa valeur ajoutée.


Baisse de l’EBE en volailles de chair


Le parc matériel est vieillissant. La filière volailles de chair a besoin d’investir dans de nouveaux bâtiments et dans du matériel performant pour maintenir ses performances techniques. Encore faut-il que la trésorerie permette de faire face à ces investissements. Pour 2009-2010, l’EBE moyen s’élève à 17.55 €/m², soit une baisse de 1.73 €/m² en un an. Cet EBE est en totalité utilisé pour couvrir les remboursements d’emprunts et les prélèvements privés. En conséquence, l’autofinancement disponible est très faible avec seulement 0.85 €/m². Les annuités bancaires représentent 33 % de l’EBE en 2009-2010 contre 27 % en 2008-2009. Les nouveaux emprunts pour le financement d’actifs ont doublé cette année. Il faut noter également que la productivité du travail s’accroît. En effet, l’augmentation de la taille des structures ne s’accompagne pas d’un accroissement proportionnel de la main d’œuvre. Il y a quatre ans, une UTH s’occupait d’un bâtiment de 1951 m² ; aujourd’hui, elle gère 2194 m² en production de poulet.


Le coût de la poulette fait un bond


En volailles de ponte, le coût de production s’est fortement accru ces deux dernières années. En 2008, la hausse des prix de l’aliment était responsable de l’augmentation du coût de production de 11.3 %. Cette année, la hausse est due en premier lieu à une augmentation de l’amortissement des poulettes avec un prix d’achat qui fait un bond de plus de 14 %. Deuxième explication : le coût alimentaire ne baisse pas, malgré la chute des prix de l’aliment. Troisième cause : la baisse de la productivité avec un niveau de charges équivalent pour un nombre d’œufs produits moins important. L’année 2009 aura été marquée par la bonne tenue du prix de vente, passant au-dessus de 7 €/100 oeufs. Conséquence : un EBE consolidé qui progresse de 15 %. Dans le même temps, le niveau des annuités professionnelles augmente passant de 75 261 € à 118 362 €. La hausse de l’endettement, déjà amorcée cette année, devrait encore s’accentuer jusqu’à 2012 compte tenu de l’échéance de la directive européenne sur le bien-être des poules pondeuses.


Le poids des directives bien-être


La directive relative à la protection des poulets de chair a récemment été transposée en droit français. La principale exigence de cette directive concerne la densité maximale. Un élevage industriel ne doit plus dépasser 33 kg/m² sauf s’il respecte des règles plus strictes (température, hygrométrie, émission de C02, ammoniac…). L’analyse des résultats de notre étude de groupe montre que 34 % des élevages se situent au delà d’une production de 42 kg/m² et 53 % au dessus de 39 kg/m². La moyenne de production est de 45.37 kg/m², ce qui veut dire qu’ils vont devoir baisser leur production de plus de 3 kg/m² pour atteindre 42 kg/m² ou 6 kg/m² pour respecter les 39 kg/m². Le coût de cette réduction de productivité est estimé à 1 €/m² par baisse de 1 kg de production (en poulets standard). Pour les éleveurs de poules pondeuses, il ne sera plus permis au 1er janvier 2012 d’avoir des poules en cages conventionnelles. Les nouvelles normes européennes de bien-être animal imposeront un espace minimal de 750 cm² par poule au lieu de 550 cm² actuellement. Cette mise aux normes va s’accompagner d’investissements importants pour la rénovation ou la construction de nouveaux bâtiments. De plus, certains élevages seront contraints de cesser leur activité n’ayant pas les ressources nécessaires pour accomplir cette mise aux normes.


Jean-Christophe Séité
Cogedis-Fideor


 


Photo : Le coût de production augmente dans les filières avicoles : conséquence directe de la hausse la faute des frais d’élevage, d’enlèvement, de bâtiments…


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Date de l'article : semaine du N° du 3 au 9 Septembre 2010
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