
Nous avons commencé le taurillon à partir de veaux de huit jours vers 1988 – 89, retrace Thierry Braud. C'était des années favorables à l'activité et nous avions un petit quota. Par la suite, nous avons parfois hésité à continuer, mais l'atelier est resté intéressant économiquement."
Aujourd'hui, l'exploitation de Laurence et Thierry Braud compte 98 ha, un troupeau de 40 vaches Prim'Holstein et leur suite, une dizaine de vaches allaitantes depuis peu, et enfin l'atelier JB laitiers. Environ 55 JB, Prim'Holstein ou croisés, en sortent chaque année. "Ce n'est pas une grande production, mais c'est quand même un atelier qui compte (avec les vaches de réforme, 35 % de la marge brute). En outre, il permet de produire du fumier, commente l'éleveur, avant de préciser : attention, il y a du travail, notamment lorsqu'il faut habituer les animaux au Dal."
Vêlages groupés et monotraite
Sur l'élevage, les vêlages des laitières sont groupés, depuis 20 ans, entre le 15 août et le 1er novembre. Par ailleurs, de mi-juin à mi-août, les vaches ne sont traites qu'une fois par jour. Deux décisions qui découlent d'une volonté des éleveurs de lever un peu le pied, en été, ainsi que de se libérer du temps pour les travaux culturaux.
Pour la production de JB, le couple fait donc appel aux achats extérieurs, tantôt pour compléter ses propres lots, tantôt pour des lots entiers. L'objectif est de favoriser les veaux Prim'Holstein par rapport aux croisés. Les veaux achetés à l'extérieur vont directement dans la nurserie, qui date de 2003 et qui représente le plus important investissement de l'atelier. À ces veaux est réservé un programme sanitaire spécifique : vaccination RS, antibiotique contre diarrhée et problème pulmonaire, vermifuge en sortie de nurserie, attribution de vitamines en fonction des besoins.
Attention aux transitions
Durant la phase d'abreuvement, les veaux sont nourris au lait de l'exploitation, que les éleveurs récupèrent depuis la salle de traite et stockent dans un tank spécial, mélangé avec de la poudre de lait. L'aliment 1er âge prend progressivement le relais, en complément puis en remplacement du lait. De la paille est également toujours à disposition. Le maïs ensilage, pour sa part, est proposé 15 jours avant le sevrage. De 4,5 à 7,5 mois, le veau consomme 2,5 kg de concentré / j, avec l'ensilage de maïs et la paille à volonté. Pendant cette phase, la réussite des transitions, en particulier, est importante.
Durant la phase de croissance, de 7,5 à 12 mois, le taurillon est nourri à l'ensilage de maïs, paille à volonté, correcteur azoté (1,3 kg) et blé de l'exploitation (1 kg). Enfin, durant la phase de finition, la même ration est apportée, avec une quantité de céréale en augmentation : 1,5 kg au 12ème mois, 2,5 le dernier mois. Au final, chez Thierry Braud, les JB sortent en moyenne vers l'âge de 19 mois à 370 kg de carcasse. Des performances qui satisfont éleveurs comme technicien.
Anne-Laure Lussou
Photo : Laurence et Thierry Braud, ici avec Jean-Louis Loreau (à gauche), ont investi dans une nurserie en 2003.