
Faire évoluer l'installation. Sur le début d'année, le nombre d'installation (39) est plutôt faible, mais beaucoup de dossiers sont en cours de réalisation. Ce qui inquiète plus le bureau des JA, c'est le rythme des installations, insuffisant pour compenser les 2500 départs à la retraite des 5 prochaines années.
1 installation pour 4 départs
Nicolas Chesnin, président des JA 56, relève également que le coût d'installation en production laitière augmente : "on dépasse 100 euros d'annuités / 1 000 l". Ceci explique les difficultés croissantes des candidats à financer leur projet. Pour maintenir l'humain au centre du projet d'installation, il faut réfléchir à de nouveaux outils pour assurer la transmission entre cédants et repreneurs. Le bureau des JA 56 veut organiser un voyage d'étude à l'étranger pour voir comment se passe l'installation ailleurs. Nicolas Chesnin précise : "il ne s'agira pas de copier, mais d'appuyer la réflexion qui vise à améliorer le système breton".
Pour les JA, la période estivale est habituellement assez calme et axée sur les journées festives. Mais cette année, la réussite de l'opération "faites le plein des sens" et la préparation de la fête de l'agriculture sont éclipsées par les crises qui touchent l'élevage.
Le lait relancé
En année "normale", plus de 60 dossiers d'installation en production laitière aboutissent. Depuis janvier, il n'y en a eu que 12. L'accord sur le prix du lait obtenu en fin d'été redonne de l'espoir aux responsables des JA. Ils s'attendent à ce que cette première victoire relance des dossiers en attente. Pour l'avenir, les JA vont travailler pour la contractualisation, avec l'objectif de mettre en place un système collectif et des contrats transmissibles. En premier lieu, il faudra "fédérer pour aller dans ce sens". En effet, "il vaut mieux s'investir dans la mise en place de la contractualisation plutôt que de se la faire imposer" argumente Nicolas Chesnin qui se méfie, car les transformateurs, groupes coopératifs en tête, "ne cherchent qu'à diviser les producteurs". Pour avoir la visibilité indispensable aux éleveurs, il faudra établir des contrats portant sur "un prix, un volume et une durée" précise Nicolas Chesnin, qui éloigne ainsi toute idée d'intégration de la filière. Car l'exemple de l'aviculture n'est pas forcément celui qu'il faudra suivre. Fabrice Caro, responsable de l'aviculture pour les JA dresse un constat inquiétant de l'activité volailles de chair : "le parc de bâtiment est vieillissant, il y a très peu d'installations", mais surtout, il ne sent "aucune motivation de l'administration et des coopératives à sauvegarder la filière", pourtant essentielle à la région. Il demande une revalorisation des contrats pour éviter que le déclin ne se poursuive. Pour les éleveurs de porcs, la situation n'est guère meilleure. Sans développer le sujet, Nicolas Chesnin a exprimé sa vive inquiétude, constatant que "plus de la moitié des jeunes sont en situation critique". Autant de dossiers qui animeront l'actualité des JA au cours des prochains mois.
Ronan Lombard
Photo : De gauche à droite : Jean-Marc Le Penuizic, responsable installations, Fabrice Caro, responsable aviculture, Jean-Jacques Michard, responsable lait, Nicolas Chesnin, président et Frédéric Daniel, secrétaire général des JA 56.