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Ille et Vilaine (35)
Débat des Jeunes agriculteurs 35 / L'alimentation de demain, une adaptation permanente
 

Après les énergies renouvelables, les Jeunes agriculteurs avaient choisi l'alimentation de demain comme thème central de leur débat. "Si nous avons l'énergie d'entreprendre, nous avons aussi besoin de connaître les grandes tendances alimentaires, pour bâtir nos projets", souligne Benoît Champalaune, président de JA 35.


Un choix plus large


Depuis deux décennies, le développement de l'industrie agro-alimentaire a modifié les tendances lourdes de l'alimentation des Français. "Face aux produits basiques dont la consommation baisse comme la viande, le pain, la pomme de terre, l'industrie propose des produits plus sophistiqués, faciles d'emploi, prêts à consommer", avance Rémi Mer, consultant. "Le consommateur a un choix plus large, mais il ne connaît pas toujours l'origine des matières premières alimentaires. Et il a beaucoup de mal à se retrouver dans les multiples signes de qualité".      
Jean Pierre Pasquet, agriculteur et membre de l'association Bleu Blanc Cœur a lancé un vibrant plaidoyer sur les Omega 3, pour lutter contre la progression du taux d'obésité chez les enfants. "Le déséquilibre entre Omega 3 et Omega 6 dans l'alimentation des animaux et dans les produits alimentaires qui en découlent serait l'une des causes de l'obésité". En introduisant plus d'herbe dans la ration ainsi que du lin, on corrige les effets néfastes du régime classique maïs-soja. "On n'a rien inventé, on a simplement compris comment fonctionne la nature", souligne l'éleveur.


Education des jeunes


"L'éducation des jeunes générations est un élément clé", a témoigné Jean-Jacques Blanchet, directeur du Collège de St Brice en Cogles. Plutôt que de faire appel à une entreprise de restauration industrielle, il a voulu maintenir une restauration autonome dans son collège. "En préparant des recettes traditionnelles comme le pot au feu, la blanquette ou en rapant nous-même nos carottes, on passe plus de temps à préparer nos 700 repas. Les jeunes apprécient et affinent leurs goûts, à condition que cette éducation soit aussi prolongée à la maison". 
Pour les salariés du collège, c'est un travail exigeant qui implique le changement des pratiques et des techniques, notamment au niveau de l'hygiène. "Nous avons également peu de latitude dans la maîtrise des coûts", ajoute le directeur. Dans un prix de revient global de 2,60 euros par repas, les matières premières représentent 1 euro. "Si on veut introduire de la viande bio, c'est 0,60 euro de plus. On ne peut le faire que ponctuellement. Notre principal objectif est d'abord de travailler les produits frais".


Le contact des consommateurs


Emmanuel de Rugy produit du lait bio en Gaec, près de Combourg, depuis 2009. "Etant situés dans un périmètre de captage, nos pratiques étaient déjà très proches du bio depuis plusieurs années". L'étape suivante a consisté à transformer une petite partie du lait (50 000 L sur 650 000 L) avec mise en vente directe de lait au distributeur, de fromage blanc et pâte pressée sur le marché de Rennes. "Les rencontres avec les consommateurs sont enrichissantes et valorisantes", confie l'éleveur. 
"Produire de la qualité ne suffira pas", comme l'a rappelé un jeune éleveur de poulets labels. La consommation de ce type de poulet, sous signe officiel de qualité, a chuté ces derniers mois, ce qui a augmenté la durée des vides sanitaires et pénalise l'éleveur. "Il ne suffit pas d'avoir une production tracée et un bon cahier des charges, il faut aussi capter l'intérêt du consommateur dans l'acte d'achat".


Des réponses multiples


Agriculture conventionnelle, raisonnée, bio, produits transformés, circuits courts : que produiront les jeunes dans les prochaines décennies ? "Les réponses seront multiples comme d'ailleurs les consommateurs qui nous font confiance", déclare Benoît Champalaune. "C'est ce qui fait la richesse du territoire". De nombreux défis sont à relever, ce sera l'affaire de tous. "Les Jeunes agriculteurs tiennent à participer à ce débat de société. Ils mettent en avant leur capacité à évoluer, face à la diversité des attentes des consommateurs".

Patrick Bégos


 


Photo : Un public nombreux a répondu à l'invitation des jeunes au débat de St Germain en Cogles.   


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Date de l'article : semaine du N° du 27 Août au 2 Septembre 2010
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La révolution rurale des années 60





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