
La période après moisson est propice à l'assainissement des parcelles, en parasites (limaces) mais aussi en adventices, par le déchaumage. La qualité du travail, le choix du matériel vont avoir des répercussions directes tant au niveau économique (coût des interventions, temps passé) qu'au niveau environnemental (érosion, besoin de désherbants, consommation de carburants).
Gestion des résidus
Avec le recours de plus en plus fréquent à des méthodes simples et rapides de mise en place des cultures et la perspective de réduction des intrants, le déchaumage retrouve ses lettres de noblesse, notamment dans les intercultures courtes.
Premier élément à prendre en compte, la gestion des résidus. On recherchera des éléments courts et éclatés, notamment si les cultures suivantes sont mises en place sans labour, avec des semoirs à socs. Les brins trop longs et les bouchons peuvent gêner l'installation de cultures comme le colza.
Peu profond
Le déchaumage doit intervenir le plus tôt possible après la récolte pour conserver des conditions d'humidité favorables à la pénétration des outils et au mélange terre/paille. Il faut rechercher un travail homogène sur toute la largeur de l'outil. Sauf en cas de sol tassé ou d'un besoin de restructuration sur des sols repris en masse, le travail doit rester superficiel. La création d'un lit de semences fin et plombé favorise des levées régulières et homogènes des adventices, en 2 ou 3 passages espacés de quelques semaines.
Les outils qui retournent trop profondément le sol laissent peu de chances aux graines de germer. Les outils combinés travaillant en surface ont de bien meilleurs résultats (3 à 4 fois supérieurs selon Arvalis). Ces résultats sont identiques quand il s'agit de parasites comme les limaces. Deux déchaumages fins plats et rappuyés permettent de détruire 80 % des populations si les conditions sont de la partie.
Présence d'un rouleau
Les matériels classiques (néodéchaumeur, chisel) sont adaptés aux déchaumages de restructuration profonds et aux itinéraires avec labour. Pour un travail superficiel de qualité et en système simplifié sans labour, il faut passer à des outils plus complets comportant plus de pièces travaillantes. La présence d'un rouleau est bénéfique pour l'obtention d'un bon taux de levée. Il faut alors travailler très superficiellement et laisser un sol fin et nivelé. Plusieurs passages sont nécessaires pour obtenir un travail efficace. Au dernier passage, on réalisera la mise en place du couvert d'interculture.
Comme le travail recherché est précis, les réglages doivent être bien adaptés. Les matériels spécifiques comme Carrier, Rubin, Disc-o-mulch sont adaptés aux itinéraires simplifiés et peuvent avoir leur place dans des systèmes qui demandent moins herbicides, en permettant la réalisation de faux semis.
Patrick Bégos
Photo : Sauf en cas de sol tassé ou repris en masse, le travail de déchaumage doit rester superficiel. Les résultats sont bien meilleurs avec les outils travaillant en surface.
Préparation fine du sol
Il ne suffit pas de déchaumer pour faire un faux semis. Faire lever les adventices nécessite de créer les conditions favorables à leur germination : terre fine pour un bon contact sol-graine, profondeur de placement des graines pas trop importante, humidité du sol. Beaucoup d'adventices ont des graines de petite taille qui nécessitent une préparation fine du sol pour lever, comme pour des semis de prairie. Les levées d'adventices et des repousses de céréales sont fortement conditionnées par le type d'outil de déchaumage utilisé.
Sur rumex et chiendent et chardon
En conditions sèches, le passage d'un outil à dents permet d'extirper les rhizomes de rumex et de chiendent, qui vont se dessécher en surface. En revanche, on évitera le passage d'outils à disques, en cas de forte infestation, car ils fractionnent les organes souterrains et favoriseraient ainsi la dissémination des vivaces. Un fragment de 5 mm suffit à donner une nouvelle plante.
Contre le chardon et le liseron des champs, le passage d'outils de déchaumage est inopérant et même plutôt favorable à leur propagation par section de rhizomes. Pour le chardon, la fauche n'est efficace que si elle est effectuée après le stade boutons floraux. L'autre intervention mécanique intéressante sur vivaces est le labour. En coupant les organes multiplicateurs des racines (drageons) qu'il envoie dans le fond de la raie de charrue, il contribue à affaiblir l'activité des vivaces. Il réduit par ailleurs le risque de développement de rumex de souches.
Les plantes détruites dans l'interculture ne sont plus à gérer dans la culture, d'où l'intérêt d'un bon déchaumage.