
Entre 10 000 et 15 000 euros d'achats imprévus et de manque à gagner. C'est le coût, estimé par les associés du Gaec Savary, de la sécheresse, sur leur exploitation de 120 hectares, à Muzillac. Les 60 laitières et les 30 limousines sont à la ration d'hiver depuis le 1er juin. « Les prairies n'ont pas produit. 3 tonnes environ, au lieu des 7 à 8 tonnes les années précédentes », estime Christophe Savary. 50 balles d'enrubanné au lieu des 350 balles habituellement récoltées. La sécheresse et le piétinement ont eu raison des 7 hectares pâturés par les génisses. « Ces prairies devront être resemées. Depuis le début juin, les vaches sont à l'étable pour épargner les autres parcelles ». Le Gaec a acheté 10 tonnes de paille et conservé 20 tonnes de céréales en plus cette année. « Les vaches allaitantes seront nourries à la paille et au grain, au besoin ».
Implanter du Ray Grass à la place des céréales
Jusqu'à présent les stocks de maïs fourrage sont suffisants. « Nous ferons la soudure avec la prochaine récolte. Les rendements de l'an dernier étaient bons et nous avions ensilé la totalité de la surface ». Ce ne sera pas le cas cette année. Les volumes et la qualité seront très en dessous des normes habituelles. « 7 à 8 tonnes de matière sèche sur les 25 hectares semés, environ, soit 4 à 5 tonnes de moins que l'an dernier, par hectare ». Les semis ont été réalisés le 25 avril. « Jamais après un ensilage d'herbe, en raison justement des risques de sécheresse». En fonction du prix et des disponibilités, quelques tonnes pourraient être achetées en complément. En attendant de connaître les volumes exacts, les associés souhaitent implanter 15 hectares de mélange d'avoine brésilienne et de vesce, à récolter avant les premières gelées, en lieu et place des couverts habituellement utilisés: moutarde, phacélie et radis. « S'il pleut rapidement, on peut espérer récolter du fourrage sur ces parcelles ». La sole de céréales sera réduite de 5 hectares. Remplacée par un RGI hybride, pour refaire des stocks à l'été prochain.
Plus globalement, le Gaec implante, progressivement, des cultures moins exigeantes en eau. « Les rendements sont bons sur les deux hectares de luzerne. Nous avons implanté, l'an dernier, 3 hectares de mélange dactyle-luzerne. Nous augmenterons la sole de céréales immatures. Le rendement n'est pas affecté par le manque d'eau. Enfin, nous conserverons les 2 hectares de betteraves ». Cette année, exceptionnellement, un sorgho sucrier a été implanté sur deux hectares après une récolte de céréales immatures. « Ce n'était qu'un essai. Malheureusement, il n'y a pas eu de pluie pour faire germer les graines ». Pas de pluie en avril, 30 mm en fin mai, 8 mm en fin juillet. Le ciel a beaucoup promis au mois d'août, sans rien donner, jusqu'à dimanche dernier.
Bernard Laurent
Photo :Jean Marie et Christophe Savary, deux des trois membres du Gaec Savary, à Muzillac (56), insistent sur l'importance des stocks en région sèche.
Assolement du Gaec Savary
•120 hectares de SAU
•25 hectares de maïs
•15 hectares de céréales
•5 hectares luzerne et Dactyle-luzerne
•2 hectares de betteraves
•4 hectares de céréales immatures (méteil)
•70 hectares de prairies