
L’été 2010 est marqué par un fort déficit hydrique. Début août, les cumuls de pluie enregistrés depuis le 20 avril sur l’ensemble des postes météo de Bretagne sont, en moyenne de 50 % de la valeur normale. Les pluies de ces derniers jours ont permis de redresser la situation des plantes.
2010 n'est pas chaude
C'est dans l'Est et le Sud de La Bretagne (Sud Ille et Vilaine et Morbihan) que la situation est la plus critique. En effet, les conditions extrêmes de déficit hydrique peuvent perturber le fonctionnement de la plante et accélérer la dessiccation de celle-ci. Dans ce cas, la date de récolte de l'ensilage risque d’être avancée par rapport à la prévision. Mais attention, cette démarche doit être confortée par une visite des parcelles.
Il faut également souligner que l’année 2010 n’est pas une année particulièrement chaude et que les maïs n’ayant pas trop souffert du manque d’eau sont à un stade classique à cette date. Ainsi, selon nos modèles, des maïs précoces semés début mai seront prêts à être ensilés (30-35% MS) début septembre à fin septembre/début octobre dans les zones plus froides.
Visiter et rentrer dans les parcelles
Il convient de bien visiter toutes les parcelles pour prendre les bonnes décisions, y compris au sein d’une même exploitation. Les plantes de bordures sont trompeuses, ainsi que le gabarit des plantes. Il faut regarder l’épi. Le grain (nombre de grains par m2 et stade) est déterminant dans la prise de décision.
On observera la hauteur moyenne des plantes et l'hétérogénéité entre plantes, l'état des feuilles : vertes, jaunes, desséchées (au-dessus, au niveau et au-dessous de l'épi). On doit être vigilant à l'évolution récente de l'état des feuilles et on estimera le pourcentage de plantes ayant un épi, le nombre de grains par épi, le nombre de grains par m2 (ne pas confondre les grains viables, en cours de remplissage, et les grains avortés).
On appréciera également l'état d'avancement du grain : amidon laiteux, pâteux, présence de la lentille vitreuse à l'extrémité du grain...
Prendre une décision
Prendre une décision d'ensilage n'est pas facile car nous sommes en situation extrême de déficit hydrique. La décision doit être prise en fonction du grain (nombre/m2 et état d'avancement) pondéré par l'état de l'appareil végétatif. Deux tableaux sont proposés, selon l'état moyen du grain observé dans la parcelle.
En conditions normales de végétation, ce stade du grain correspond à un taux de matière sèche de 20-23% plante entière (stade 1) ou 25-26% (stade 2). Le nombre anormal de grains et l'état desséché de la partie tige + feuilles modifient ces valeurs.
Arvalis
Institut du végétal
Photo : L'observation de la hauteur des plantes, de l'état des feuilles et l'estimation du nombre de grains/m2 permet d'apprécier le potentiel de la culture.
Comment compter le nombre de grains par m2
Le comptage est possible dès trois semaines après la floraison femelle, et jusqu’à la récolte.
- comptage du nombre d’épis par m2 sur au moins 3 fois 10 m linéaires
- comptage du nombre de grains par épi (= nb de rangs x nb grains par rangs) sur au moins 3 fois 20 épis successifs
De 300 à plus de 1 500 grains/m2
En l'absence de grain ou avec moins de 300 à 500 grains/m2. Il ne sert à rien d'attendre. Le mieux est de distribuer le fourrage en vert aux animaux si nécessaire. Ce fourrage sera d'autant plus appétant que les feuilles seront vertes. Dans certaines situations, l'ensilage est possible quoique très délicat à réussir à cause d'un déséquilibre de la plante. De plus, le faible niveau de rendement (de 2 à 5 t MS/ha) rend le coût prohibitif. Enfin, la valeur énergétique sera faible – de l’ordre de 0,6 UFL/kg MS.
Un maïs qui a plus de 1500 grains/m2 et qui possède des feuilles vertes au-dessus, au niveau et au-dessous de l'épi est à conserver sur pied pour une récolte ensilage dont la date sera définie de façon classique. Il existe une grande variabilité des situations intermédiaires (nombre de grains et état de l’appareil végétatif) et la décision devra se faire au cas par cas. Enfin, en cas de retour de la pluie, quelques feuilles vertes suffisent à une évolution positive de la plante en rendement, en maturité, en composition chimique.