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Sommaire | " POLITIQUE AGRICOLE " | Article n°10992 |
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Quel avenir pour le prix du lait français ?
 

Le 12 août, la journée de réunions s'était soldée par des résultats plutôt positifs. Les transformateurs avaient globalement accepté l'idée de revenir à la table des négociations pour fixer un prix 2010 basé sur les indicateurs définis le 3 juin 2009. En contrepartie, les éleveurs suspendaient leurs opérations de "stickage".


La position des industriels


Bel, fabricant de la Vache qui rit, a été le premier groupe à s'engager dès le 12 août, sur une augmentation de 10 % du prix moyen 2010 par rapport à 2009. Lactalis, premier groupe laitier français, a aussi donné son accord, sous conditions, pour appliquer l'accord interprofessionnel de juin 2009, prévoyant une hausse de prix de 10 %. Les industriels ne cessent de faire valoir la nécessité d'arrimer le prix du lait français à celui pratiqué en Allemagne, où, en 2009, les producteurs ont été payés 35 euros/1 000 l de moins que les éleveurs français, selon Lactalis. Au premier semestre 2010, la différence  en faveur des producteurs français était de 9 euros/1 000 l.
Le 12 août, les coopératives Sodiaal et Laïta n'ont pas donné d'engagement chiffré. Dominique Chargé et Christian Couilleau, président et directeur général de Laïta ont reçu à Brest une délégation de producteurs FNSEA, JA et FNPL. "Nous avons redit notre volonté de reprendre les négociations interprofessionnelles", explique Dominique Chargé. "Nous reconsidérerons, dans l'esprit des accords de juin 2009, le prix du lait du 3ème trimestre et le prix moyen annuel sur 2010, sur la base d'une compétitivité avec notre environnement économique". Les responsables de Laïta rappellent "l'obligation, prévue dans l'accord, d'engager la négociation sur la contractualisation entre producteurs et laiteries, pour laquelle la LMA offre un cadre de travail, permettant ainsi d'engager la réflexion sur la gestion des volumes et le couple volume-prix".


Pour les producteurs


C'est donc un prix de base autour de 330 euros / 1 000 l pour le lait d'été 2010 et un accord pour le prix de fin d'année qui se dessinent. Les représentants de la FNPL, à l'image d'Henri Brichart, son président, veulent aussi avancer sur la question du prix en 2011. Prendre en compte la compétitivité de la filière avec son environnement économique est inéluctable. Il reste à déterminer comment cela se fera. Marcel Denieul, vice-président de la FNPL, le répète, "il ne faut comparer que ce qui est comparable". La différence avec l'Allemagne s'explique par  les normes de qualités, une fiscalité et des contraintes sociales plus exigeantes. En conséquence, d'autres facteurs que le prix devront être considérés. L'étude commandée en mars à l'Institut de l'Elevage et rendue publique en septembre, donnera peut être un éclairage sur les causes du décalage par rapport à l'Allemagne et les solutions à mettre en œuvre pour pérenniser l'activité.
Une délégation de la Confédération paysanne s'est rendu à la Maison du lait avec l'espoir de participer à la réunion de l'interprofession. Vincent Pennober, porte-parole du syndicat précise, "nous ne sommes pas contre la réunion, bien au contraire, car il faut un accord pour le prix 2010. Ce dont nous voulons nous assurer, c'est  que cet accord ne déguisera pas l'acceptation du mécanisme de double volume - double prix qui conduira à l'industrialisation de l'élevage".
L'interprofession doit aussi aborder la question de l'équilibre des relations entre producteurs et transformateurs : "Il faut trouver des solutions pour éviter la situation où une vision unilatérale est imposée" annonce Marcel Denieul qui précise que "nous n'avons pas vocation à étaler nos soucis sur la place publique tous les 3 mois". Tout ne se réglera peut-être pas en une journée, mais "il est important que tous ces sujets soient traités rapidement au niveau de l'interprofession" concluait-il avant de se rendre à Paris avec l'idée de rappeler aux entreprises que "les belles marques, avec une bonne image ne peuvent pas se faire sans pratiques correctes. Il faut que les entreprises le comprennent, et pas seulement celles de la filière laitière".

Ronan Lombard
Patrick Bégos


À l'heure où le journal a été imprimé, les négociations n'avaient pas abouti.




L'accord interprofessionnel doit porter sur un tout
La Fédération Nationale des Coopératives Laitières (FNCL) demande que la réunion interprofessionnelle ne se limite pas au seul sujet des éléments constitutifs du prix du lait pour la fin 2010 mais attend un véritable programme de travail pour préparer la filière laitière française à la fin des quotas. Elle cite trois points fondamentaux : la publication d’indicateurs de prix et de volumes donnant de la visibilité sur 2010, un dispositif applicable en 2011 préservant la filière française d’un écart de compétitivité trop fort avec son environnement économique européen. Enfin la question des volumes produits dans les différents territoires laitiers : leur définition et leur suivi, leur différenciation en fonction des débouchés, et en conséquence le prix payé à l’éleveur.
La FNCL déclare que "les sujets liés à la fin des quotas et à l’éventualité de fortes augmentations de la production de lait dans certaines régions ou dans certains Etats, comme l’Allemagne, ne doivent plus être occultés. Sortir de la réunion avec une seule annonce de prix du lait à court terme mettra en péril l’avenir des territoires laitiers en France".




Confédération Paysanne et OPL dénoncent le mauvais accord de juin 2009
Pour la Confédération Paysanne, "les signataires de l'accord du
3 juin récoltent ce qu'ils ont semé". Le Syndicat rappelle que cet accord était mauvais, car il entérinait la possibilité de payer le lait au dessous du coût de production. La Confédération demande que "toute la filière revienne sur le mode de fixation du prix du lait, estimant que ni la contractualisation ni l'indexation sur le prix allemand ne résoudront le problème". L'OPL (Coordination Rurale) met en cause la politique européenne (abandon de quotas, suppression des outils de régulation) et estime que les producteurs doivent se battre pour "un prix rémunérateur de
40 cts d'euro/litre qui ne pourra être obtenu que si les producteurs de l'Europe à 27 ne sont plus mis en concurrence".




Légende photo : Les responsables de Laïta ont reçu à Brest une délégation de producteurs (Fnsea, Fnpl et JA). Une première étape avant les négociations du 18 août à Paris.    


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Date de l'article : semaine du N° du 20 au 26 Août 2010
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