
Nous avons récolté 50% de foin en moins par rapport à une année normale », indique Lionel Cario, au Préfet, venu constater les dégâts de la sécheresse sur son exploitation, en bordure du Golfe du Morbihan, vendredi dernier. Entre la fraîcheur du printemps et la sécheresse de l'été, les prairies n'ont pas eu le temps de produire. En zone littorale, les rendements en herbe ont chuté de 60% à 70% par rapport à une année normale. La repousse de l'automne est déjà compromise. « Il faudra peut-être resemer certaines parcelles ». Les 80 laitières consomment la ration hivernale, à base de maïs fourrage, depuis le début du mois de juin. « Nous livrons un quart de production en moins par rapport à l'an dernier, à la même période ». Le Gaec Cario n'est pas le plus à plaindre. Compte tenu des cours du maïs grain de l'automne dernier, les éleveurs avaient décidé de récolter, en fourrage, une dizaine d'hectares normalement consacrés à la vente. « Nous avons entamé ce stock. Il nous permettra de faire la soudure avec la prochaine récolte ». Une récolte qui s'annonce, au moins, de moitié inférieure en volume à celle d'une année normale. « Sur l'exploitation, les 45 hectares ne produiront pas plus de 5 tonnes de matière sèche en moyenne, chacun ». Contre 10 à 12 tonnes escomptées habituellement. Et pas question de récolter en grain cette année. « Il faudra complémenter ce fourrage avec des céréales l'hiver prochain ». Heureusement, la production de céréales à paille est moins impactée par la sécheresse. Le Gaec Cario a récolté 60 quintaux par hectare. Un rendement proche des normales.
Assurances
La sécheresse aura un impact important sur le coût de production. Les éleveurs sont d'autant plus déçus qu'ils souhaitaient prendre une assurance pour la culture du maïs. « En zone littorale, la possibilité de s'assurer est intéressante. Malheureusement, nous n'avons pas pu nous couvrir en raison d'un changement de date buttoir de la part des assureurs . Le 21 mai, au lieu du 31 mai initialement prévue. » Une évolution qui a surpris certains producteurs. Et qui se trouvent aujourd'hui pénalisés. « On en veut aux assureurs », s'insurge Laurent Kerlir. « D'autant plus qu'ils n'avaient pas fait beaucoup de publicité sur ce nouveau produit ». Les producteurs risquent d'en être pour leurs frais. Difficile en effet de parler de calamité agricole alors que le système d'assurance existe. Le préfet du Morbihan a promis de faire remonter les doléances de la profession, concernant les pertes liées à la sécheresse. Sans grande conviction....
Bernard Laurent
Chaud et sec, d'avril à fin juillet (données météo France)
Depuis avril 2010, les précipitations ont été rares et le déficit pluviométrique s'est accru de mois en mois. Le déficit d'avril à juillet 2010 est de 40 à 50% en général avec 60% sur le Sud-Est du département. On a noté un vent assez fréquent de Nord-Est desséchant, une insolation excédentaire et des températures de l'après midi de plus de 2 °C en avril et de 1,5°C en juin au dessus des normales.
En juillet, 59 mm sont tombés à Guiscriff, 41 mm à Bignan (- 10% par rapport à la normale), 30 mm à Pontivy (- 27%) et Ploërmel, 26 mm à Lorient (- 46%), 19 mm à Mauron
(- 30%), 14 mm à Vannes (- 70%) et 12 mm à Sarzeau. L'insolation a été bonne sur l'ensemble du département, légèrement supérieure à la normale.
Légende photo : Le préfet du Morbihan (à gauche) sur une parcelle de maïs du Gaec Cario, avec des représentants de la FDSEA. Les pluies de cette semaine sont trop tardives pour sauver les rendements dans le Sud du département.