
Le nombre d’exploitants devenus adhérents de Bienvenue à la Ferme a dépassé les 6000. Une preuve qu’en dépit du concept encore un peu flou de la multi-activité, il y a une réelle volonté des agriculteurs à développer ce type de prestation.
Globalement, 3% des agriculteurs s’adonneraient au tourisme. Pour 2010, la plupart des exploitants ne semblent pas déçus. Déjà, en 2009, après quelques années compliquées, le taux de réservation avait connu des bons scores, selon B.Artigue, président de Bienvenue à la ferme. 2010 devrait le confirmer.
Presque un Smic
Chez L. et J. C. Larroque, éleveurs de porcs dans le Tarn, on explique qu’on a retrouvé, cette année, le bon niveau de réservation d’il y a cinq ans. A cette date, la gestion des chambres n’était pas loin de rapporter l’équivalent d’un Smic. Depuis, la crise a remis en cause le nombre de nuitées. Mais aujourd’hui, cela remonte. Presque seuls à pratiquer l’agritourisme il y a quinze ans, ils sont entourés de plusieurs dizaines d’exploitants qui s’y sont mis. La grande question est celle du repérage sur internet, média n°1 pour la réservation. Les Larroque sont signalés sur le réseau Bienvenue à la Ferme mais pas seulement.
D’autant que la clientèle se diversifie. Il ne s’agit plus seulement de recevoir des vacanciers. Juan Kerwyn, producteur viticole, a fait de son "Mas des Anges" un lieu où il reçoit autant de VRP tout au long de l’année que de vacanciers qui restent ou font juste une étape.
La tendance écolo
Au siège du réseau "Accueil Paysan" à Grenoble, on compte environ 800 membres répartis en 15 associations régionales. "Le taux de remplissage sera correct", affirme Y. Bardin, animatrice du réseau. La crise a-t-elle un effet ? Moins sur le nombre de réservations que sur les délais. "Les gens réservent au dernier moment", affirme Y. Bardin. De quoi donner des sueurs froides aux hôtes et leur compliquer la tâche.
Diversité et qualité
Et dans ce réseau qui prône surtout une agriculture plutôt écolo, avec beaucoup d’activités, de ventes de produits de terroir, bio, on constate deux types de demandes : l'une plutôt populaire, louant des places de camping et l'autre plus haut de gamme, désirant des prestations de qualité. La diversité de l'offre permet de répondre à une demande nourrie.
"Les prestations de qualité fonctionnent bien", témoigne F. Moinet, spécialiste du tourisme rural. Malgré une hausse des tarifs (de 30 euros la nuit à 50 euros en une dizaine d’années), il estime que cette activité n’a pas encore atteint une rentabilité normale. Le fait même d’investir en qualité peut, dans un premier temps, obérer la rentabilité. Mais celle-ci ne se juge pas seulement par les nuitées. "L’angle d’attaque passe de plus en plus par la vente directe, les circuits courts, le bio", explique F. Moinet.
Expériences nouvelles
A cette démarche commerciale s’ajoutent des expériences nouvelles. Certains exploitants proposent des séjours associant alimentation diététique, activités physiques et information sur la nutrition. Sans oublier, une meilleure connaissance de l’agriculture grâce à l’observation de la ferme. Le temps n’est donc plus à proposer, seule, une restauration. Le nombre de fermes auberges est plutôt stable et représente, souvent une activité lourde en investissement et personnel, pas toujours rentable.
Le touriste recherche des prestations supplémentaires, ayant du sens par rapport à l’activité agricole. En témoigne le développement du concept de fermes découverte. C’est, pour chaque exploitation, pour le monde agricole dans son entier, une occasion de soigner son image et de faire de la pédagogie auprès du citadin. Et par les temps qui courent, c’est une priorité.
Photo : Les vacances en milieu rural correspondent à 33 % des nuitées et à 20 % du chiffre d'affaires du tourisme français.
Un tiers des nuitées en milieu rural
Selon le ministère du tourisme, les vacances en milieu rural correspondent à 33% des nuitées et 20% du chiffre d’affaires. Deux chiffres qui montrent qu'il y a de quoi se développer. D’autant que la crise profite, d’une certaine manière, au tourisme rural. Les Français partant moins pour les destinations lointaines, reviennent sur des séjours en France et dans les milieux ruraux. Mais ils n’y resteront fidèles que si les prestations sont à la hauteur.
Repères
•En 2009, les gîtes et chambres d’hôtes ont enregistré une augmentation de réservation de 3%.
•85 000 exploitations pratiquent la vente directe et 16 500 une activité touristique
•44% des Français qui partent en vacances préparent leur séjour sur le web et 25 % réservent leur séjour en ligne.