
La Russie et le Canada partagent le 3ème rang mondial des exportateurs de blé. En Russie, la sécheresse et les dramatiques incendies auront aussi un impact sur les rendements et les volumes disponibles pour l'exportation. Jeudi 5 août, Vladimir Poutine a annoncé l'application, jusqu'au 31 décembre, d'un embargo temporaire sur les exportations de blé et produits dérivés. Le premier ministre russe entend ainsi empêcher l'inflation des prix intérieurs et sauver le bétail. De son côté, le Canada estime que son rendement national va diminuer de 17 % par rapport à 2009, à cause des fortes précipitations printanières. L'Inde et le Pakistan représentent 15 % de la production mondiale de blé. Les inondations meurtrières menacent là aussi la récolte 2010.
L'effet de la spéculation
Bien que les stocks soient au plus haut après 2 années favorables au rendement mondial, le cours du blé remonte en flèche sur les marchés mondiaux. A Chicago, la valeur du blé meunier a augmenté de 50 % entre le 30 juin et le 4 août. Sur Euronext, la tonne de blé a atteint les 230 euros le 5 août. A l'image du maïs qui était en progression de 9 euros sur la journée du lundi 2 août, le blé entraîne les autres céréales dans son sillage. En France, où Offre & demande agricole estime une diminution du rendement du blé de 9 % par rapport à 2009, la hausse des cours apparaît comme une bonne nouvelle pour les céréaliers, après une année 2009 qui a vu leurs revenus chuter.
Vigilance
Côté acheteurs, on reste attentif aux augmentations de prix injustifiées. Déjà préoccupés par les cours des viandes, le prix du lait et une sécheresse qui complique la campagne d'affouragement, les éleveurs se voient mal surmonter une inflation du prix des aliments du bétail. Mercredi 5 août, lors d'une conférence de presse sur le prix du lait, les représentants de la FRSEA et des JA allaient dans ce sens, en précisant "il y a des stocks dans les silos: il faut les utiliser". Pour le consommateur, c'est une hausse du prix du pain qui pourrait se profiler. La FNSEA prévient que la flambée du cours du blé ne justifie pas l'augmentation du prix du pain car le blé ne représente que 5 % de ce dernier. Pour preuve, la chute de 40 % du prix du blé en 2009 n'avait eu aucune incidence sur le prix du pain. Le syndicat veut éviter que l'argument des prix agricoles ne s'applique qu'à la hausse et que les agriculteurs soient montrés du doigt une fois de plus.
Photo : Récolte 2010 : Rendements de blé en baisse mais le prix devrait compenser.