
Le magnifique Festival des battages de Plumaugat se déroulera cette année le dimanche 22 août. L’événement ne cesse depuis 1975 de séduire et de surprendre par ses nouveautés. Il attire chaque année des milliers de visiteurs. La fête qui se voulait au départ locale est désormais connue dans le grand Ouest. Nombreux sont ceux qui reviennent, comme en pèlerinage pour cette journée, ou se mêlent nostalgie, convivialité et solidarité locale. Elle mobilise plusieurs centaines de bénévoles issus des différentes associations.
Sans être passéiste, le festival permet de faire un retour en arrière et replonge les visiteurs dans un passé rural, avec ses traditions agricoles, mais aussi tous les métiers d’autrefois. Ce rendez-vous dans un cadre exceptionnel à proximité du bourg permet de fait d’établir le lien entre les générations, avec les plus anciens, témoins de cette époque, d’autres qui ont entendu leurs aînés en parler et bien sûr les plus jeunes pour qui chaque matériel, chaque objet, chaque reconstitution est une découverte.
Toujours aussi riche
Pour quelques heures, la vie du monde rural des années 1950 à 1960 se met en branle. Dès le milieu de la matinée la messe des battages rassemble déjà plusieurs centaines de fidèles, suivie du repas des battages avant que ne démarrent véritablement les animations.
C’est à ce moment que le speaker officiel de la fête depuis une vingtaine d’années entre en scène. Jean-François Clément, agriculteur à la retraite, costume noire, chemise blanche et cravate noir, et son chapeau de paille de circonstance , avec une gouaille patoisante incomparable et intarissable joue son rôle d’animateur. Il va d’un stand à l’autre, d’une animation à une autre pour détailler, commenter ce qui se déroule devant les yeux des spectateurs. «J'aime raconter les histoires du travail d'autrefois et transmettre aux nouvelles générations ». Il connait ce travail , a pratiqué certaines tâches dans sa jeunesse. Et depuis le temps qu’il sillonne le festival, il connaît beaucoup d’exposants, de bénévoles. De fait, il n’hésite pas revenir sur une anecdote du passé. Il les invite à décrire le matériel …
C’est aussi un défenseur du métier. Jean-François Clément ne manque pas une occasion de vanter les mérites de la profession, si souvent critiquée. Un peu bateleur et comédien à ses heures, son numéro est bien rôdé. « J'anime depuis longtemps et j'ai fait pas mal de fêtes dans les environs. Un peu moins maintenant. Mais si je continue de venir à Plumaugat, c'est pour Jean Texier qui est un vieil ami et pour saluer le travail accompli par les bénévoles du Festival. »
L’ édition 2010 s’annonce donc une fois encore très riche, avec de la traction animale, des vieilles machines en action, comme les faucheuses, les lieuses et les moissonneuses tractées, les locomobiles, les manèges à chevaux, les vieux métiers, la maison, l’école et les commerces d’antan. Parmi les nouveautés les « battous du Cotentin », un groupe qui bat les céréales au fléau au son de l’accordéon et en chantant. Autre nouveau venu sur le festival un sculpteur sur bois à la tronçonneuse qui à partir d’un tronc d’arbre va sculpter un paysan avec une botte de paille sur le dos.
Pierre Dénès
>>>> Repères
Entrée : 6 euros
Repas du midi : 12 euros (réservation au 02 96 83 11 76)
Ragoût du soir : 8 euros
http://afrplumaugat.over-blog.com
Légende photo : Les battous du Cotentin travaillent en chantant