
Le groupe "Agriculture au féminin" est né en 2008 de la volonté d'une quinzaine d'agricultrices élues de structurer leurs actions au plan régional. Elles sont 3 à 4 par département breton à représenter la part féminine de l'agriculture et la faire reconnaître, en partenariat avec d'autres réseaux (groupes de développement, Cuma, Chambres d'agriculture, Bienvenue à la ferme…). La référente professionnelle du groupe est Régine Pinvidic, agricultrice dans le Finistère.
"Agriculture au féminin" entend notamment favoriser la prise de responsabilités par les femmes dans les OPA (organisations professionnelles agricoles). Ces dernières représentent 32% des actifs agricoles et 27% des chefs d'exploitations. Mais, comme dans bien d'autres secteurs, elles sont moins nombreuses à siéger dans les instances professionnelles, notamment dans les structures économiques, techniques et syndicales.
"Nous souhaiterions tendre vers l'égalité", ont expliqué les agricultrices au préfet de Région, Michel Cadot, venu les rencontrer le jeudi 15 juillet en Ille-et-Vilaine. Selon les agricultrices, "l'égalité et l'engagement passent par la formation". Le travail de fond mené en 2009 sur cet axe a concerné plus de 260 agricultrices bretonnes qui ont participé à des réunions de travail, de sensibilisation, à des formations à l'égalité et à d'autres évènements.
Elargir les choix professionnels
Autre objectif développé par le groupe : élargir les choix professionnels. Les agricultrices ont présenté au préfet le "Réseau des ambassadrices et ambassadeurs des métiers agricoles", en test sur le département des Côtes d'Armor. "Les missions sont variées. Des demandeurs d'emploi, des jeunes, des prescripteurs de l'emploi sont accueillis sur des exploitations de typologies variées. Les agriculteurs et salariés du réseau témoignent également dans des forums, des rencontres, dans les média…", expliquent les responsables.
La formation et la qualification des femmes en production agricole sont aussi appuyées par "Agriculture au féminin". "Les femmes doivent acquérir des compétences techniques, mais aussi économiques, pour faire leur place dans les exploitations, avoir des responsabilités", synthétise Marie-Claude Juhel, animatrice du groupe régional. "Il est également important de continuer à se former en cours de parcours professionnel", fait observer Michel Cadot.
Des conditions de travail meilleures
Le préfet a également salué les avancées réalisées par les femmes ces dernières années sur les exploitations agricoles, via en particulier l'adaptation des conditions de travail. En visite sur l'élevage de Stéphane et Marie-Noëlle Touchais à Noyal-sur-Vilaine, il a pu observer les choix ergonomiques faits au fil du temps : salle de traite à hauteur, quad adapté pour rapprocher l'aliment au cornadis, racleur sur l'aire d'exercice, boxes de vêlage… "Les femmes ont su contourner les difficultés physiques du métier".
Agnès Cussonneau
Le Gaec en couple, une avancée
Les productrices du groupe "Agriculture au féminin" se sont montrées satisfaites de l'élargissement du statut du Gaec au couple. "Les EARL sont pénalisées sur le régime "de minimis" avec un plafond de 7 500 euros en 2009, alors qu'un Gaec avec deux parts touche le double. Concernant les MAE, le plafond d'aides peut être multiplié par deux ou trois selon le nombre d'exploitations réunies à l'origine du Gaec. Sur le crédit d'impôt remplacement (pour congés), le nombre de jours pris en compte est également plus rapidement plafonné en EARL".
Légende photo : Le préfet de Bretagne Michel Cadot a visité l'exploitation gérée par Marie-Noëlle Touchais (à gauche) et son mari Stéphane, à Noyal-sur-Vilaine. Au centre : Françoise Kieffer, déléguée régionale aux droits des femmes et à l'égalité.