
Dans un contexte économique plus incertain, analyser ses résultats économiques devient une condition de réussite. Avec des marchés encore plus fluctuants et des possibilités de production élargies, les producteurs de légumes sont forcément concernés par ce travail de réflexion. Des outils existent pour mesurer la rentabilité des productions, éventuellement abaisser ses coûts, et se comparer aux autres.
"Facile à calculer, la marge sur intrants permet un premier niveau d'analyse", précisent les conseillers légumes des Chambres d'agriculture bretonnes. Elle s'obtient en déduisant des produits de la culture (ventes, cessions, variation de stock), la somme des approvisionnements (engrais, semences et plants, protection phytosanitaire…).
La marge sur intrants offre une vision du niveau des produits à l'hectare (rendement x prix), et permet de rechercher des marges de manœuvre techniques. Mais elle ne prend pas en compte la mécanisation et la main d'œuvre : deux facteurs déterminants en production légumière. "Pour les légumes destinés à la transformation, il convient d'analyser la marge sur intrants et le coût de récolte pour identifier les cultures rémunératrices".
Une vision plus ajustée en travaillant sur les coûts
Travailler sur le coût offre une vision plus ajustée, même si elle comporte forcément une marge d'erreur. En effet, il est difficile de partager les charges de structure entre les différentes productions, souvent nombreuses sur les exploitations légumières. Cependant, avoir un indicateur, même imparfait, est préférable à ne pas avoir d'indicateur du tout.
Ensemble des charges opérationnelles et de structure affectées à un produit ou atelier, le coût de production intègre le coût de mécanisation et permet de connaître le seuil à partir duquel le légumier commence à rémunérer son travail. "Par contre, il ne prend pas en compte la main d'œuvre familiale, et la comparaison au groupe devient donc très délicate".
Indicateurs plus poussés, le coût de revient et le point d'équilibre comprennent le coût de la main d'œuvre familiale. Le coût de revient est en fait le coût de production auquel on ajoute les charges correspondant à la rémunération du travail et du capital. "C'est le prix qui permet de pérenniser l'exploitation".
Le point d'équilibre sera par contre davantage positionné sur l'année en cours. "C'est le prix d'un produit qui permet de couvrir les dépenses engagées, les remboursements d'annuités et les prélèvements privés des agriculteurs. Il va permettre d'aboutir à une approche de la trésorerie". C'est un moyen de réagir assez rapidement.
Pour réduire le coût de production, les organisations professionnelles incitent à une meilleure organisation des chantiers de récolte, souvent gourmands en main d'œuvre. "Il faut trouver une adéquation entre coût de mécanisation et coût de main d'œuvre", concluent les conseillers Chambre.
Source : Chambres d'agriculture de Bretagne, centres comptables et banques.
Légende photo : La rationalisation des chantiers de récolte est une des pistes fortement développées en zone légumière pour réduire les coûts.