
L’annonce des industriels privés (Fnil), le 22 juin, sur le prix du lait a mis le feu à la maison du lait. Ce communiqué de la Fnil indiquait que la tendance haussière des prix pour le mois de juillet s'inscrivait dans une tendance annuelle d'augmentation du prix de l'ordre de 10 % sur l'année 2010 sur l'ensemble des volumes produits. La FNPL (producteurs) avait fermement réagi, dénonçant les décisions unilatérales des transformateurs laitiers concernant le prix du lait. On le sait, les réunions de l'interprofession à ce sujet s'étaient mal passées.
Elle accusait « les transformateurs laitiers de faire fi de l'accord du 3 juin 2009, de faire fi de l'attitude responsable des producteurs lors des réécritures des grilles de saisonnalité en région, de faire fi des avancées de la FNPL sur la manière de gérer les volumes tout en restant connecté avec l'environnement européen ».
Évolution à la hausse
Trois semaines plus tard, le 13 juillet, la Fnil communique pour « ré » annoncer « une évolution positive du prix du lait et des volumes » dans les mêmes termes que son précédent communiqué. Les industriels privés précisent que le prix du lait qu'ils appliquent pour le mois de juillet s'appuie sur : « l'application des accords du 3 Juin 2009 qui évoluent à la hausse, suite à une augmentation significative des cotations du beurre, de la poudre et des fromages européens ; la mise en oeuvre d'un indice sur l'évolution comparée du prix du lait entre l'Allemagne et la France afin de permettre à la filière laitière française de ne pas être déconnectée de l'environnement européen et d'éviter de dégrader la balance commerciale comme ce fut le cas en 2009 ; l'intégration de la saisonnalité du prix défini dans chaque région ; des allocations de volumes complémentaires de lait, selon les entreprises et par bassins laitiers, qui pourront représenter jusqu'à 5% de la référence de chaque producteur ». Une véritable explication de texte alors que « les indicateurs (du troisième trimestre) n'ont pas été diffusés par l'interprofession nationale à la demande des producteurs de lait et que les discussions dans les régions n'ont pas abouti » précise la fédération, soucieuse de justifier le prix du lait qui sera appliqué par ses adhérents pour le mois du juillet alors que l'interprofession n'est pas parvenue à un accord.
Manœuvre habile
Bruno Le Maire avait exigé, suite au désaccord sur le prix du lait survenu à l'époque entre les trois familles de l'interprofession, l’intégration de trois nouveaux indicateurs (écart entre le prix français et allemand, coût de production, valorisation du beurre et de la poudre), défendus chacun par une famille de l'interprofession. Une manière habile et politique de siffler la fin de partie d'un nouveau désaccord sur le prix du lait. Mais un répit de courte durée avec le départ en solo de la Fnil.
Légende photo : L’incertitude règne toujours sur le prix du lait en juillet, dans l’attente d’un accord de l’interprofession.