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Pénurie de stocks pour la saison hivernale / La sécheresse complique la gestion des fourrages
 

Sur les 30 dernières années, il tombe en moyenne 200 mm d'avril à juillet en Ille-et-Vilaine. « Cette année, nous en sommes à 100 mm sur cette même période », constate Thierry Moreau, associé du Gaec des Horizons, qui consigne la pluviométrie sur son calendrier. Le déficit hydrique est réel, mais « ce qui fait le plus mal, c'est le vent d'Est qui dessèche la végétation », renchérit-il.
Auparavant, c'est le froid qui avait pénalisé la croissance de l'herbe. « Jusqu'à Pâques, le sol était trempé et froid, l'herbe ne poussait pas ». Ensuite, le manque d'eau s'est très vite fait ressentir et les quantités d'herbe coupée au printemps ont été décevantes. Le faible rendement (3 t de matière sèche) a été constaté sur l'ensemble des élevages de la Cuma dont dépend le Gaec.
Depuis, ces conditions défavorables à la croissance de l'herbe ont perduré et les éleveurs doivent utiliser un stock de fourrage qu'ils n'ont pas pu réapprovisionner normalement. « Aujourd'hui, on nourrit les vaches avec une ration hivernale », confirme Thierry Moreau, qui sait aussi que la meilleure période pour la croissance de l'herbe est définitivement perdue pour cette année.


Le maïs inquiète à son tour


Dans cette situation où les stocks hivernaux sont déjà fragilisés, c'est maintenant la récolte de maïs qui est fortement menacée : « S'il continue de ne pas pleuvoir, le rendement du maïs sera lui aussi divisé par 2. En plus,  sans eau, il n'y aura pas de grains dans le fourrage qui sera donc de mauvaise qualité ».
Pour Thierry Moreau, « autoriser l'exploitation des jachères pour faire face à la sécheresse offre une modeste possibilité. Sur mon exploitation, cela ne changera rien car il n'y a plus de jachère ! ». Pour pallier le manque d'herbe, les associés du Gaec des Horizons ont réagi dès la moisson du colza : ils ont ramassé la paille au lieu de la broyer; après la récolte, ils ont bichonné le déchaumage et l'ont même suivi d'un roulage pour maximiser les repousses en vue de les faire pâturer en automne.
Conscients de la menace d'une pénurie de fourrage pour l'hiver prochain, ils envisagent toutes les solutions pour approvisionner leurs stocks : « Après le blé, on implante une culture dérobée d'avoine et de trèfle incarnat en espérant pouvoir l'ensiler en septembre... mais pour cela, il faut qu'il pleuve d'ici là », précise Thierry Moreau.
Si malgré ces efforts, les récoltes restent insuffisantes pour passer l'hiver, le Gaec devra acheter des fourrages, ce qui paraît très compliqué pour plusieurs raisons. La première est que les trésoreries ont été mises à mal par plus d'une année de crise. Mais pour Thierry Moreau, « avant de penser à cela, il faudra déjà être capable de trouver des fourrages car tout le monde va en chercher dans l'Ouest... », ce qui aura certainement une incidence sur les prix.
Thierry Moreau ne dresse pas encore de bilan économique de l'effet de la sécheresse sur son exploitation. « Jusqu'ici, nous faisons face, mais c'est la suite qu'il faut analyser. Car sans ensilage d'herbe et de maïs, on ne pourra pas faire notre quota, sans parler des éventuelles rallonges... C'est à ce moment là que les conséquences économiques se présenteront. C'est pour cela que les pouvoirs publics doivent rester attentifs au cours des prochains mois », conclut-il.

Ronan Lombard



Système fourrager du Gaec des Horizons

Thierry et Olivier Moreau exploitent 154 ha autour de Grand Fougeray. Pour nourrir leurs 45 vaches laitières et leur suite, ils cultivent 35 ha de maïs et valorisent 40 ha de prairies temporaires (pâturage,ensilage, enrubannage et foin). Leurs terres sont sur un terrain plutôt séchant et ils obtiennent des rendements moyens de 7 t de matière sèche en herbe et de 12 t en maïs ensilage.




Légende photo : Thierry Moreau craint que la récolte de maïs soit à l'image de celle de l'herbe.

 



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Date de l'article : semaine du N° du 23 au 29 Juillet 2010
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