Il faut cesser de considérer le mot “productivité” comme un mot tabou » : c’est le commentaire du sénateur de la Manche, Jean Bizet au retour d’une visite d’étude en Allemagne où « l’idéologie a cédé la place au pragmatisme ». La politique agricole nationale, déclinant Bruxelles, se concentre sur l’aménagement du territoire, pour éviter la désertification de certaines régions ou encore maintenir la biodiversité, les paysages et un bon niveau environnemental. Tout cela est important mais à quel secteur économique demande-t-on autant de services et en même temps de rester une activité essentielle pour l’économie nationale, capable de maintenir l’emploi pendant la crise et malgré des prix qui ne valorisent pas toujours le travail des producteurs ? Le ministre de l’Agriculture et la secrétaire d’État à l’Écologie se sont déplacés en Bretagne pour les algues vertes. Mais l’agriculture bretonne a aussi besoin que les pouvoirs publics soutiennent les filières agro-alimentaires. Qu’une politique économique renforcée redonne de l’ambition aux agriculteurs bretons, en particulier à l’exportation. Montrée du doigt par les écologistes, assénée de leçons d’environnement, souvent critiquée pour ses initiatives “productivistes”, l’agriculture bretonne continue d’investir dans les solutions qui concilient productivité et respect de l’environnement. Mais lorsque le dossier environnemental est irréprochable, c’est le système économique qui est contesté. Même imparfait, c’est pourtant le développement conjoint de l’agriculture, de l’agro-alimentaire et des industries connexes qui a permis à de nombreux Bretons de “vivre et travailler au pays”, souvent plus durablement que l’industrie automobile ou électronique. Il est urgent de retrouver cette ambition et ce soutien pour l’économie régionnale, aujourd’hui et demain.