
Au cours de neuf comités techniques, 147 situations ont été examinées, soit une augmentation de 54%. Le lait est la production principale dans 65% des situations, contre 46% en 2008. Les productions de bovins viande restent fragiles", a chiffré Fabrice Guérin, conseiller Atèse, lors de l'assemblée générale de l'association le 1er juillet à Rennes. 57 dossiers ont été validés en CDOA après avis du Comité technique. Les décisions de "maintien en place" du quart des dossiers sont stables par rapport à 2008. Les dossiers "redressables" restent majoritaires, représentant plus de 50% des cas.
Sur les 147 dossiers traités, les exploitations individuelles restent majoritaires à 52%, plus nombreuses que leur représentation départementale (44%). Les EARL sont par ailleurs en augmentation de 17%, les Gaec étant moins touchés. Concernant les âges des exploitants, une rupture apparaît en 2009 : "Les – de 40 ans sont davantage touchés, les + de 50 ans moins. Cela s'explique notamment par le retrait du dispositif préretraite. La tranche 40-50 ans est toujours la plus exposée", précise Fabrice Guérin. De même, "plus d'un agriculteur sur 5 en difficulté est célibataire. Et 10% des dossiers examinés rencontrent des conflits familiaux".
Taux d’endettement en progression
Autre repère essentiel, le taux d'endettement moyen atteint 74% sur 2009, soit une progression de 7% en un an. Les conseillers techniques de l'Atèse observent par ailleurs une progression constante de la part des structures à fort capital d'exploitation (+ de 152 000 euros).
"La situation financière de nombreuses exploitations est très dégradée. Beaucoup d'entre elles supporteront cette crise sur une dizaine d'années au moins", regrette David Duguépéroux, président de l'Atèse. Parmi les axes forts développés par l'association pour conforter les solutions engagées et répondre aux souhaits des partenaires financiers, le suivi global d'exploitation (en plan de redressement) se poursuit. "40 suivis répartis sur trois années sont en cours", précise le président.
Plus généralement, il continue : "Nos exploitations sont sans cesse chamboulées. Il peut être intéressant de se poser de temps en temps pour prendre du recul. Se faire conseiller peut aussi constituer une opportunité pour continuer à s'adapter". Parmi les nouvelles causes majeures de problèmes dans les exploitations, le président évoque aussi les relations humaines. Pour l'assemblée, les responsables de l'Atèse avaient invité Jean-Luc Le Gall, médiateur, qui intervient quand la communication s'envenime dans les entreprises. Il a notamment développé le thème "Mieux se connaître pour mieux communiquer".
Agnès Cussonneau
Photo : David Duguépéroux, président de l'Atèse (à gauche), et Jean-Luc Le Gall, médiateur en entreprises.
Un "pôle économique" en projet
L'Atèse engage, avec d'autres organisations professionnelles agricoles, une réflexion sur l'opportunité de bâtir un "pôle économique" périphérique à la Chambre d'agriculture. "L'objectif est d'accompagner l'ensemble des exploitants à chaque étape de leur vie d'entreprise : installation, modifications de système, problèmes économiques, relationnels…". Dans un contexte de restructuration du secteur agricole, "la possibilité nous est offerte de mutualiser nos moyens humains, nos compétences et complémentarités", déclare David Duguépéroux, président de l'Atèse.