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Serres / Gaec de Lan Hello, Ploubazlanec (22) - Une pompe à chaleur adaptée à l'existant
 

A leur installation en 2001, Gaétan Dauphin et Philippe Bocher avaient opté pour le gaz naturel comme moyen de chauffage de leur serre de 24 800 m2. Alors, la consommation était de 400-450 kWh par m2 et par an. Incités par la hausse du coût de l'énergie, les deux associés du Gaec de Lan Hello (Ploubazlanec – 22) ont, au fil du temps, réduit cette consommation grâce à des écrans thermiques et une conduite plus économe (températures plus basses, arrêt de la chaudière en été).
"Le rendement global n'est que faiblement réduit, on perd légèrement en précocité", précise Philippe Bocher. Les producteurs estiment avoir aujourd'hui atteint un palier minimum à 180-200 kWh/m2. "Aller en dessous comporterait des risques, sanitaires notamment".
Pour réduire encore la facture énergétique, les producteurs se sont donc penchés sur des solutions de chauffage complémentaire, en conservant la chaudière gaz qui était amortie. L'idée d'une pompe à chaleur (Pac) s'est rapidement concrétisée. Pour son côté économique d'abord, prouvé notamment par les essais réalisés à la SECL de Pleumeur-Gautier, avec une Pac de type air/eau installée en juillet 2007.


25% d'économie par rapport au "tout gaz"


"Sur notre exploitation, l'objectif était, dans un premier temps, de couvrir 50% des besoins de la serre. Sur les mois d'hiver, il est plus intéressant de conserver le gaz. Pour répondre aux besoins très importants, le dimensionnement de la pompe à chaleur serait alors trop important. A 2-3°C, seule la chaudière fonctionne", informe Philippe Bocher. En 2009, la nouvelle installation a généré une économie de 22%, globalement sur la saison. En cas d'hiver moins froid et en fonction du coût des énergies fossiles, ce chiffre peut augmenter à 25%, voire plus.
C'est la société paimpolaise Solairterre qui a réalisé l'installation de deux pompes à chaleur air/eau de marque Daikin, d'une puissance calorifique de 397 kW chacune (pour une température extérieure de 7°C et une température de sortie d'eau de 45°C). Ces Pac sont équipées de la technologie Inverter qui permet de faire varier la fréquence des compresseurs, et d'ainsi réduire la consommation d'énergie. "Cette technologie est très bien adaptée aux cultures de tomates qui ont des besoins fluctuants dans la journée", expliquent les responsables de Solairterre.
L'eau sort des Pac à 45°C environ et circule dans deux réseaux de tubes en acier : au pied des plants et plus près des fruits. "La régulation de la température se fait par ordinateur, selon quatre zones dans la serre. La température des retours d'eau est comprise entre 38 et 40°C. La nouvelle installation a été conçue en tenant compte également du ballon de stockage d'eau chaude existant, de 300 m3.
"Auparavant, la chaudière pouvait être utilisée en journée pour enrichir la serre en CO2. Et en l'absence de besoin de chauffage, l'eau chaude produite était stockée dans ce ballon, puis utilisée la nuit". Aujourd'hui, la Pac maintient ce ballon à 45°C. Il peut être utilisée quand les besoins de chaleur augmentent. Le système hydraulique d'origine a également été utilisé en ajoutant des vannes motorisées, des pompes de circulation, une bouteille de mélange et un système de filtration.


Un coût plus stable


Les producteurs ont opté pour une tarification EDF spéciale : Vert A5, MU et EJP. L'EJP (Effacement jours de pointe) permet de bénéficier toute l’année d’un prix du kWh voisin de celui des heures creuses. En revanche, lors de 22 jours de demande forte entre le 1er novembre et le 31 mars, le prix du kWh est multiplié par 9. "Pour nous c'est intéressant, car quand il fait vraiment froid, nous fonctionnons au gaz".
Outre le gain sur l'énergie consommée, les producteurs ont été séduits par le coût plus stable de l'électricité et le côté plus écologique. Etant donné que cette installation Pac fait partie des sites pilotes mis en place en Bretagne, les producteurs ont bénéficié d'une subvention de 40% sur l'investissement de 300 000 euros, comprenant le passage en tarif vert et le transformateur électrique. Pour aller encore plus loin, une 3ème Pac et un stockage supplémentaire pourraient être ajoutés.

Agnès Cussonneau


Photo : En 2009, les deux pompes à chaleur ont répondu à plus de la moitié des besoins de chauffage.


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Date de l'article : semaine du N° du 16 au 22 Juillet 2010
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