
À l’heure où l’Adasea du Finistère s’interroge sur son avenir, les Jeunes Agriculteurs constatent qu’il est nécessaire de dégager des moyens pour inviter les futurs cédants à envisager une installation sur leur exploitation. « Pour 3 jeunes en recherche d’exploitation inscrits au RDI, l’Adasea ne dispose qu’une offre d’exploitation disponible ».
Dans ce contexte, les responsables du syndicat jeune s’interrogent sur la réduction des missions du service public. « Quelle liberté auront les jeunes installés si les organisations économiques gèrent directement les transmissions dans le seul but d’augmenter le profit de leur entreprise ? », ont pointé Sébastien Salomon et Frédéric Brabant, administrateurs, lors de la dernière assemblée de l’Adasea.
Moins d’installations en lait
Bien que l’on enregistre une augmentation du nombre de candidats, mesurée par le répertoire départ installation (RDI), le nombre d’installations en 2009 a baissé de 20 % par rapport à 2008. Un effet conjoncture évident. 110 dossiers ont toutefois été agréés.
La répartition des installations par production fait apparaître une baisse significative des projets laitiers. Seules 56 installations ont été enregistrées contre 79 en 2008, soit une baisse de 30 %. La diminution du nombre d’installations en Gaec est nette également puisque la proportion passe de 45 à 36 % sur un an.
En légumes et maraîchage, le nombre d’installations reste stable. Par contre la commercialisation en circuits courts dans ce type de production est plus fréquente. Les installations en production porcine représentent 6 % du total ; la viande bovine 5 %.
10 % d’installations en bio
17 % des projets agréés réalisent de la transformation de leurs productions sur l’exploitation et/ou commercialisent en vente directe. 10 % des jeunes agriculteurs aidés s’installent en agriculture biologique.
En parallèle des aides classiques, 1/3 des jeunes installés en 2009 ont bénéficié du soutien à l’installation des jeunes agriculteurs (Sija). Cette aide du Conseil régional est destinée à renforcer les projets dans les secteurs de diversification et de favoriser l’installation hors cadre familial.
Le Sija est une aide forfaitaire de 6 000 euros dont le montant est lié au type d’installation. Elle est portée à 10 000 euros en cas de transformation et de vente directe ; à 15 000 euros pour les projets horticoles. Cette aide est majorée temporairement de 2 000 euros pour tenir compte de la mauvaise conjoncture agricole.
D. Le Du
Photo : Conjoncture explique : les installations en production laitière ont marqué le pas en 2009.
Le département est attractif
En 2009, le nombre d’inscriptions de candidats au RDI a augmenté de 25 % par rapport à l’année précédente. L’âge moyen des nouveaux inscrits continue de progresser et passe de 33 à 33,4 ans. Les candidats originaires du Finistère ne représentent plus que 48 % des nouveaux inscrits, alors qu’en Bretagne, ils sont en moyenne à 62 % originaires de leur département d’inscription.
Seuls 36,5 % des candidats sont d’origine agricole (parents). Si 28 % recherchent une exploitation laitière, un nombre important de candidats (43 %) a un projet de valorisation sur une petite structure.