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Sommaire | " PRODUCTIONS " | Porcs | Article n°10928 |
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PORC / Pour éviter l'hétérogénéité des animaux - Favoriser la croissance des fins de lots
 

Plus de 20 jours d'âge à l'abattage entre les porcelets de moins d'un kilo à la naissance et ceux de plus de 1,8 kilo. Les petits récupèrent difficilement leur handicap de départ. Leur nombre a tendance à augmenter avec l'explosion de la prolificité. Comment faire pour limiter l'hétérogénéité à la source, synonyme de pertes économiques ? « Il faut piloter, avec précision, l'alimentation des truies », assure André David, de l'EARL porcine de Trédion (56), à la tête d'un élevage de 400 truies Youna qui sèvre 12,5 porcelets par portée.


Du poids à la naissance malgré le nombre


Les porcelets à la naissance pèsent en moyenne 1,47 kilos. Ce poids, de 1,40 kilos dans les portées supérieures à 16 porcelets, démontre que l'augmentation du nombre de chétifs n'est pas forcément associée à l'hyperprolificité. Depuis trois ans, le rationnement des truies a été revu. « Je différencie la ration des truies en verraterie selon leur état ». Quatre rations différentes, après allotement par palpation des pointes de hanches, dès le sevrage, réalisé à 21 jours. « Les très maigres ont 3,9 kilos de soupe, auxquels je rajoute 1,5 kilos d'aliment nourrice, le temps nécessaire. Les plus grasses ne consomment que 2,3 kilos de soupe. Les deux autres catégories ont des rations intermédiaires ». Un réallotement a lieu 5 semaines après les inséminations. La différenciation de la ration se poursuit en milieu de gestation avec un écart de 500 grammes entre les maigres et les grasses. « J'anticipe beaucoup pour ajuster les quantités. Je tiens compte également de la température ambiante ». La ration est portée à 3,2 kilos en fin de gestation. En maternité, la valeur de l'aliment nourrice (8 kilos dès le premier mercredi) a été régulièrement augmenté en fonction de la progression des résultats.


Alimenter en PS en fonction du poids


Aimé Gonidec, éleveur à Beuzec (29), emploie les mêmes recettes, l'allotement et la différenciation de l'alimentation, pour sevrer plus de 13 porcelets par portée (13,5 en 2010) sur son élevage de 280 truies. « Depuis l'adoption de l'alimentation biphase en gestante, même les plus petits sont ronds et vigoureux ». Trois ou quatre portées de légers sont constituées dès le premier jour. Ensuite, tous les porcelets ont deux apports d'aliment quotidiens, dès le dixième jour. En PS, l'alimentation est différenciée en fonction du gabarit. Les plus lourds ont deux jours de 1er âge, suivi, pendant 14 jours, d'un 2ème âge sécurisé et déconcentré, puis d'un autre 2ème âge encore plus déconcentré. Les plus légers ont 14 jours de 1er âge puis 21 jours du 2ème âge sécurisé. Les intermédiaires ont un programme médian. « En fait, c'est le comportement des animaux qui prime. Si la consommation ne démarre pas dans une case, il y a un retour au premier âge ».
Les porcelets disposent de 0,33 m2 de surface, dès le sevrage. La construction d'un nouveau post-sevrage, avec ventilation centralisée, en 2008, s'est révélée bénéfique en terme de performances . « Le préchauffage de l'air entrant à 14°C, grâce à une pompe à chaleur,  assure un bon confort thermique toute l'année. L'homogénéité des porcs s'est considérablement améliorée, d'autant plus qu'ils étaient en situation de surcharge auparavant ».


Tri à la ficelle


A l'entrée en engraissement, l'éleveur veille à ce qu'il n'y ait pas plus de 6 kilos d'écart entre le plus lourd et le plus léger dans chaque case. En parallèle, la vaccination mycoplasme monodose  a été retardée, du 5ème jour au 15 jour, pour une meilleure efficacité. Le premier départ à l'abattoir a lieu à 166 jours. « J'évalue le poids à l'aide d'une ficelle lors d'un repas. Deux à trois porcs sont retirés par case de lourds et un par case de légers, pour abaisser la densité ». Le deuxième départ a lieu à 180 jours. Quelques salles sont vidées. Les derniers (5% environ) partent à 187 ou 201 jours. 90% des porcs sont dans la gamme. La plus-value s'élève à 17 centimes.


Bernard Laurent





Homogénéité : un gain de 10 000 euros par an, pour 200 truies
Une enquête Capig a classé 53 élevages en trois catégories selon l'homogénéité en fin d'engraissement. Dans tous les élevages, les têtes de bandes partent sensiblement au même âge. La différence n'est que de 4 jours en moyenne entre le groupe des meilleurs (en terme d'homogénéité) et celui des plus faibles. Pour les fins de bandes, il n'en est pas de même. Dans les élevages à bandes homogènes, ils partent à 186 jours. Dans les élevages à bandes hétérogènes, ils partent à 205 jours. L'écart est donc de 19 jours. Le temps de présence supplémentaire est géré de diverses manières, selon les élevages. Les animaux de la queue de bande peuvent être vendus plus légers, une salle tampon peut être aménagée, une bande  peut être engraissée en façonnage ou vendue, les bandes peuvent être mélangées en fin d'engraissement. Tous ces choix ont un impact économique négatif, évalué, dans le cas d'une différence de 19 jours pour le départ des queues de bandes, de 26 à 62 euros par truie et par an (50 euros en moyenne), selon le choix retenu sur l'élevage.



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Date de l'article : semaine du N° du 16 au 22 Juillet 2010
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