Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
Sommaire | " LES DÉPARTEMENTALES " | 22 | Article n°10924 |
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Côtes d'Armor (22)
Comités professionnels agricoles sur les bassins versants / Face aux nouveaux enjeux environnementaux, les agriculteurs s’engagent
 

Plus de trente représentants des différents comités professionnels agricoles se sont retrouvés, mercredi matin 7 juillet à Kérien, pour faire le bilan d’une année d’action. Ils se sont ensuite rendu sur le terrain, au Gaec de Kerfalher (Eric et Laurent Thomas) accompagnés de quelques représentants des collectivités locales et de partenaires (DDTM, Agence de l’eau, Conseil général et régional).
« Les zonages et les réglementations s’allongent, voire se superposent », explique Jean-Pierre Le Bihan, responsable environnement à la Chambre d’agriculture. La liste est longue :  BV algues vertes, la norme phosphore, les normes phytos, les zones de captage, les ZAC, les ZES … Un contexte parfois confus. Et pourtant 1100 exploitations du département sont engagées dans les MAE (Mesures agro-environnementales). La Chambre multiplie les actions (plateforme, groupes cultures) pour sensibiliser et former les agriculteurs.


Incohérence des réglementations


Au travers de deux témoignages, les responsables ont voulu illustrer l’engagement des agriculteurs. Au sein du Gaec de Kerfalher, Eric et Laurent Thomas conduisent sur 129 ha de SAU, un troupeau de 75 vaches allaitantes et la suite et 2400 m2 de poules repro. Ils se sont engagés depuis une dizaine d’années : un CAD en 2002 reconduit en 2007, puis un contrat SFEI (système fourrager économe en intrants), inférieur à 140 unités d’azote.
Leur assolement est dominé par une forte proportion d’herbe : 54 % en pâtures et 20 % en prairies naturelles. Le reste de la sole se partage entre blé, 6%, triticale, 8%, orge, 5% et maïs 8%. Les associés utilisent les techniques de compostage pour valoriser au mieux les déjections, ou de désherbinage afin de limiter l’impact des pratiques culturales sur l’environnement. Les chiffres l’attestent : une charge azotée organique à  l’ha, 130 unités, 33 unités d’azote minéral par ha de SAU, un Indice de fréquence de traitement (IFT) en herbicides de 0,33 et hors herbicides de 0,7 (hors maïs et prairies). L’IFT maïs se situe à 1,1 contre 1,66 pour la moyenne des exploitations bretonnes.
Le souci actuel du Gaec est l’évolution de la norme phosphore. Jean-Pierre Le Bihan souligne les incohérences. « La réglementation pourrait contraindre le Gaec,  soit à modifier son système avec une part de maïs plus importante et moins d’herbe, soit à étudier des solutions de traitement ou d’exportation d’une partie des fientes de volailles pour respecter l’équilibre de la fertilisation. Ce qui le conduirait par contre à augmenter la part de la fertilisation minérale. De fait il ne respecterait plus les engagements pris dans le cadre du contrat SFEI ».


Modifications de pratiques encouragées


Autre témoignage, celui de Joseph Mahé, éleveur de porc à Plurien (125 truies NE) et une surface de 92 ha.  Ce sont les céréales qui dominent l’assolement : 36 ha de blé, 11 ha d’orge, 6 ha de colza, 3 ha d’avoine, 30 ha de maïs, 4 ha d’herbe (prairies permanentes). Il a signé une MAE phytos avec pour objectif de ramener son IFT actuel de 1,20 à 0,96 dans 5 ans. Motivation environnementale et financière puisque sur les 78 ha contractualisés il va percevoir un accompagnement de 88 euros par ha.
Sur les 30 ha de maïs, il a modifié ses pratiques de désherbage en substituant au désherbage chimique, un premier passage en chimique en plein (stade 3 feuilles), suivi d’un désherbage mécanique au stade 8 à 10 feuilles. Les premiers résultats sont déjà probants. Et,  il entend poursuivre  le binage, la réduction de doses et du nombre de passages de produits, l’utilisation des nouvelles molécules moins agressives pour l’environnement, le traitement en localisé (chardons pour le blé). Tout ceci en relation étroite avec le technicien de la coopérative. « Ce sont eux qui connaissent les produits. On ne peut pas s’en passer ».
Deux exemples pour illustrer devant les élus et les partenaires, l’engagement d’agriculteurs vers des pratiques respectueuses de l’environnement. Et aussi  mettre le doigt sur des évolutions réglementaires qui peuvent à certains moments s’avérer contre-productives.

Pierre Dénès




Photo : Une trentaine de responsables des Comités professionnels agricoles a fait le point sur les actions conduites.


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Date de l'article : semaine du N° du 16 au 22 Juillet 2010
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