
Zéro pénalité en 2009. Une seule en 2008. Patrick Dragon tient la corde sur la qualité du lait. Une bonne note que sa laiterie Lactalis a surligné de vert en lui proposant de participer à un voyage au travers l’Europe du Nord laitière. « Mon emploi du temps ne m’a pas permis d’y participer », dit celui qui conduit seul un troupeau de 110 bovins sur 51 ha (325 000 litres de lait – 7 397 litres vendus par VL en 2009 ; 8 900 en 2008).
Nettoyage soigné des trayons
Non pas que cet éleveur ne fasse pas confiance à des remplaçants. « Je me fais régulièrement remplacer le week-end », dit-il. Se faire remplacer oui, mais à condition que les remplaçants maintiennent la rigueur qui est la sienne.
Cette rigueur démarre dans la préparation des mamelles : « J’utilise deux lavettes tissu par vache. Avant de brancher, le trayon et plus particulièrement sa base doivent être très propres. Je ne retire pas systématiquement les premiers jets », raconte l’éleveur qui signale au passage que la salle de traite (réaménagée en 2007) date de 1971. Seul « luxe » dans cette installation de 40 ans : le décrochage automatique. « Toutefois, il m’arrive de décrocher avant pour éviter toute surtraite ».
Le trempage post-traite est effectué avec un liquide épais à base d’iode. Après la traite, les lavettes sont désinfectées à l’eau de Javel ou dans l’eau de lavage de la machine à traire. « Puis, elles sont égouttées et mises en machine à laver pour simple rinçage et essorage ».
Réagir vite
Plus largement, Patrick Dragon avoue « avoir un œil en permanence sur les mamelles ». Y compris – surtout – quand il va chercher ses vaches au champ ou qu’il fait sa tournée dans la stabulation. Il explique : « Dès qu’il y mammite, la priorité est de traiter rapidement ».
Cette hygiène de traite, doublée d’une réactivité en cas de problème, s’inscrit dans une conduite globale qui fait la part belle à l’hygiène. « Après la traite, les logettes sont interdites aux vaches. Pendant la période de stabulation hivernale, outre la mise en route du rabot électrique deux fois par jour dans les couloirs de circulation, je passe deux coups de raclette par jour sur la partie arrière des matelas. Et je laisse sécher pendant plus d’une heure », détaille l’éleveur, indiquant réaliser un paillage léger mais régulier : « J’utilise un big tous les 10 jours pour 56 places ».
À signaler encore le soin apporté à l’eau de boisson. « Avant chaque entrée dans une nouvelle parcelle, les bacs sont vidés et je verse quelques gouttes d’eau de Javel au remplissage », indique P. Dragon, en signalant au passage qu’après vêlage, la vache reçoit systématiquement « 30 à 40 litres d’eau tiède. Y compris la nuit ». (meilleure délivrance).
Quant aux mouches, l’éleveur ne leur laisse pas de répit. Brumisation par rampe de pulvérisateur dans le parc d’attente et traitement contre les mouches constituent les moyens de lutte mis en œuvre pour lutter contre ces vecteurs potentiels de maladies.
103 000 leucocytes en moyenne
Pour cet éleveur, la somme de «ces petites choses » participe à obtenir une bonne qualité du lait. Peu de germes et une faible concentration en leucocytes : « 5 000 germes et 103 000 leucocytes en moyenne sur 2009 », montre-t-il sur une fiche récapitulative de sa laiterie. Il ajoute : « Je ne suis pas au Contrôle laitier. Quand les leucocytes tendent à augmenter, je réalise des analyses individuelles en laiterie. C’est rapide, efficace et pas cher. Les analyses ne sont qu’un outil et j’estime qu’un éleveur est entièrement responsable de la qualité de son lait ».
Didier Le Du
Photo : Pour récolter les échantillons de lait en salle de traite, Patrick Dragon a fabriqué des préleveurs avec des porte-filtre à eau (prix : 40 € pièce).