Renforcer la compétitivité de l’agriculture, c’est l’un des objectifs auxquels doit répondre la loi de modernisation de l’agriculture et de la pêche votée la semaine dernière. La perte de compétitivité de l’agriculture française avait été révélée il y a déjà quelques mois, dans sa mise en perspective avec l’Allemagne. La France n’est plus la championne européenne de l’agriculture. Quelles solutions à l’amélioration de la compétitivité apporte cette nouvelle loi ? Le rôle des organisations professionnelles et le renforcement de l’observatoire des marges ne vont pas bouleverser l’ordre des choses. Et quand il s’agit d’alléger les règlements successifs que la France a empilé sur ceux de Bruxelles, le gouvernement et les forces politiques françaises, devenues « écolo-dépendantes » ne veulent pas ignorer un électorat devenu aujourd’hui déterminant dans de nombreuses élections. L’amendement Le Fur sur les installations classées en a partiellement fait les frais. Le ministre de l’Agriculture qui s’y opposait a quand même dû lâcher un « compromis » sur les seuils d’installations classées qui ne concerneraient à priori - il faut attendre le décret - que peu d’élevages, eu égard à la taille moyenne des élevages bretons. Espérer retrouver de la compétitivité sans traiter les distorsions de concurrence environnementales ou sociales, comme le différentiel de TVA avec l’Allemagne, est une gageure. Jean Arthuis, sénateur centriste de la Mayenne n’a pas voté la loi pour des raisons budgétaires. Mais dans un entretien à notre confrère l’Avenir Agricole, il défend l’idée d’une TVA sociale à laquelle n’échapperaient pas les produits agricoles importés. Et le président de la Commission des Finances du Sénat entend bien reprendre ce débat sur la TVA dans le projet de loi de Finances 2011.