
Le paysage laitier finistérien se modifie en profondeur. Au rythme moyen de plus de 150 disparitions d’exploitations laitières chaque année, il reste à peine 3 000 élevages laitiers dans le département (3 181 au 1er avril 2009). Ils étaient plus de 4 700 en 2000.
354 000 litres en moyenne
Au cours de cette même période, la référence laitière moyenne détenue par producteur a progressé de 53,5 % (230 429 litres sur la campagne 2000/2001 à 353 698 litres sur 2009/2010). C’est dans les secteurs de Brest, Morlaix, Nord Pays bigouden, sud-est du département que l’on recense les plus forts quotas par producteur.
« Cette moyenne a progressé plus nettement sur ces dernières campagnes laitières, entre 20 et 25 000 litres, après quelques années de croissance régulière comprise entre 10 et 15 000 litres », note la DDTM dans un document de synthèse relatif à la gestion des quotas laitiers. Et l’administration d’ajouter : « Le volet laitier du Projet Agricole Départemental (PAD) a tenu compte de cette progression. Il est bien un outil de restructuration des élevages laitiers. »
Ce sont les producteurs laitiers à titre individuel qui ont connu le plus fort taux d’arrêt, mais ils représentent encore un tiers des producteurs en activité. En l’an 2000, 42,8 % des producteurs disposaient d’une référence inférieure ou égale à 200 000 litres ; en 2009, ils ne sont plus que 11 %. 78,4 % en 2000 disposaient d’une référence inférieure ou égale à 300 000 litres ; ils sont 16,4 % en 2009. Dans les extrêmes, les moins de 100 000 litres sont 6 fois moins nombreux en 2009 qu’en l’an 2000 et les plus de 500 000 litres trois fois plus nombreux.
Succès du transfert sans terre
Les références laitières ont changé de main au rythme de 14,5 millions de litres par an ces trois dernières années. D’une année sur l’autre, un bon millier de producteurs bénéficie chaque année de compléments, en moyenne 12 500 litres ces trois dernières années. Pour la dernière campagne 2009/2010, les jeunes agriculteurs ont bénéficié d’une attribution moyenne de 57 277 litres.
À noter que le dispositif spécifique de quota sans terre (TSST) qui permet le rachat des références laitières libérées par les producteurs connaît un certain succès dans le département. Lors de la dernière attribution, 187 bénéficiaires se sont partagé un volume de 3,7 millions de litres (19 921 litres en moyenne). Depuis la mise en place du dispositif en 2006/2007, 1 132 producteurs ont bénéficié d’une attribution du TSST.
Aujourd’hui, le dispositif TSST apparaît de plus en plus comme une première marche au projet fermement défendu par Jacques Jaouen, président de la Chambre d’agriculture, de délier le quota de la terre. Rappelons que ce responsable professionnel avait été l’instigateur de ce dispositif national qui, selon lui, vise à « optimiser les outils de production ».
D. Le Du, d’après DDTM
Le document est en ligne sur le site internet de la D.D.T.M : www.ddtm.finistere.gouv.fr